Le zéro déchet ou comment lutter contre les méfaits du plastique

Le zéro déchet ou comment lutter contre les méfaits du plastique

Article plus léger aujourd’hui sur le blog.
Après plusieurs semaines intenses au niveau politique (crise sanitaire, économique, violences féministes, émeutes raciales), j’ai eu besoin de faire une pause. Je me suis donc consacrée à des astuces zéro déchet car mon entourage me les réclame depuis un moment. Toutefois, ce sera des astuces peu connues ou qui se trouvent difficilement sur internet. Je n’allais pas écrire un énième article sur l’utilisation du savon solide à la place d’un gel douche emballé dans du plastique (quoique ?!), car ce type d’astuces se trouve facilement (notamment sur le blog de Natasha, Échos verts, mon préféré).
Mes recettes zéro déchet sont toujours simples, avec peu d’ingrédients et le plus possible locaux. Je cours après le temps donc je ne vais pas m’amuser à me compliquer la vie.
Et étant dans une démarche écologiste, je ne vais pas employer un produit qui vient de l’autre bout du monde (bonjour la noix de coco).

Je vais donc vous partager mon cheminement, le pourquoi d’une telle démarche afin de vous aider dans la vôtre. Avec l’été qui arrive, synonyme souvent d’une période plus tranquille, c’est le bon moment pour changer ses habitudes.

Bien sûr, n’hésitez pas à partager. Mais aussi à me faire part de vos difficultés rencontrées pour le remplacement d’un produit. Ensemble, nous trouverons peut-être une solution. J’ai mis un formulaire à la fin de l’article, c’est ainsi plus simple pour vous.

       Attention, je ne suis pas la zéro déchet woman parfaite. J’ai des amis qui, s’ils ne trouvent pas le produit en vrac, font une croix dessus. Si pour certains, c’est ce que je fais (Adieu Serpentini, mes pâtes préférées), pour d’autres, je n’ai pas encore réussi à m’en passer : les chips, notamment ! Sans oublier, qu’habitant Quimper, je suis bien aidée avec 3 magasins bio, un marché bio et un magasin en vrac, local et bio (le graal) avec des patronnes très sympathiques. Tout le monde n’est, hélas, pas encore logé à la même enseigne.

 

Pourquoi s’engager dans une démarche zéro déchet ?

       Le zéro déchet est avant tout là pour pointer une aberration : la multiplication des emballages. Notre planète ayant un nombre limité de ressources, il est dommage que celles-ci soient utilisées pour des emballages qui finiront à la poubelle !!! Il est dommage qu’un emballage ne sert qu’à emballer et à rien d’autre. Sa durée de vie utile est donc minime (le temps d’être posé sur les rayons, d’être acheté puis consommé). Cela s’appelle du gaspillage ! Et à l’heure actuelle, il est dommage de gaspiller nos ressources qui sont limitées.

       L’autre gros problème est que la majorité de ces emballages sont en plastique ! Et cette proportion augmente d’année en année, tout comme la production de plastique. En moyenne, depuis les années 2000, la production de plastique augmentait de 4 % par an[1], mais un nouveau palier est en train de se réaliser : la production de plastique va augmenter de 40 % d’ici 2030[2] !!!

       Je reviendrais par la suite sur les méfaits du plastique, mais en attendant, rappelons-nous qu’un emballage, il faut le fabriquer, puis, quand il part à la poubelle, il faut encore user de l’énergie à le récolter, à le transporter puis à le détruire (la majorité des plastiques sont encore incinérés). Bref, encore du gaspillage d’énergie. Et même le recyclage n’est pas parfait, comme je l’explique dans mon article sur la consigne du verre (pour le lire, cliquez ici). En effet, le recyclage utilise de l’énergie pour faire fondre le matériau, puis le reformer, alors qu’avec la consigne, le contenant est seulement nettoyé et désinfecté.

Le zéro déchet, késako ?

Le zéro déchet est un mouvement né avec Béa Johnson, Française vivant aux États-Unis, qui a lancé ce concept, via son blog, puis son livre. Le but, c’est de ne plus avoir de déchets dans sa poubelle. Béa Johnson, avec famille de quatre, arrive à avoir seulement un bocal d’un litre de déchet pour un an !!!

Elle part du principe des 5 R (en anglais) : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter afin d’avoir le moins possible de déchets qui partent à l’incinération.

Sa démarche a fait énormément d’émules comme le montre la créations d’associations Zéro déchet dans la plupart des pays occidentaux.

       Ensuite le zéro déchet est une porte d’entrée importante dans une démarche écologique. En effet, cela permet de comprendre que tout s’inscrit dans un cycle, ou si vous préférez, rien ne se perd et que tout se transforme. Ainsi, un déchet ne disparaît pas miraculeusement en le mettant à la poubelle. Il a une autre vie qui coûte de l’énergie. D’autre part, il est toujours bon de rappeler que nos comportements d’achat ont un impact sur la planète. Ainsi, si la majorité des personnes bannissent le maximum d’emballages plastiques de leur vie, les entreprises pétrolières en proposeront beaucoup moins. Si la majorité de personnes choisissent des bouteilles en verre plutôt que celles en plastique, les entreprises ne les proposeront plus. N’oubliez pas que le nerf de la guerre dans une société capitaliste est l’argent, donc si nous nous attaquons au portefeuille des entreprises, les comportements changeront.

       Néanmoins, je ne suis pas naïve. Changer ses habitudes, c’est très bien et INDISPENSABLE, mais hélas cela ne suffit pas. Si j’en parle quand même, c’est que je crois vraiment à la porte d’entrée écologique du zéro déchet, et que le plastique est véritablement un fléau. Le problème de l’action à l’échelle individuelle est qu’elle prend beaucoup plus de temps que celle à l’échelle collective. Sans oublier que tout le monde n’a pas accès à cette information et n’a pas les moyens humains, financiers ou logistiques, par exemple, de choisir des contenants en verre plutôt qu’en plastique (d’autant plus avec l’inaction de l’État français sur la consignation du verre). Si vous êtes dans une démarche zéro déchet, c’est très bien, mais n’oubliez pas l’importance des décisions politiques qui aident à améliorer les choses beaucoup plus rapidement. Par exemple, la suppression des petits sacs plastiques dans les supermarchés, il y a quelques années, s’est faite d’une facilité déconcertante alors que beaucoup de détracteurs disaient que les Français n’étaient pas prêts…

Les méfaits écologiques du plastique

       Une des composantes importantes de la démarche zéro déchet est l’abolition du plastique car il pose d’abord d’énormes problèmes au niveau écologique. En effet, le gros problème du plastique est qu’il ne disparaît pas !!! Mais pas du tout ! En fait, il se dégrade en morceaux de plastiques, puis en particules, puis micro-particules qui ne se distinguent pas à l’œil nu, mais il ne disparaît pas ! Sans compter que sa dégradation prend des centaines d’années ! D’où l’énorme problème quand il se retrouve dans l’océan et ce qui explique qu’un sixième continent s’est crée rien qu’avec du plastique ! De même, les traces archéologiques que notre société laissera aux générations futures seront des traces de plastique[3] !

Larmes de sirène ans le sable, symbole du plastique en mer.
Larmes de sirène, symbole du plastique en mer.

Ces petites billes ne sont, hélas, pas des cailloux, mais du plastique.
Leur nom est poétique, ce sont des larmes de sirène.
En revanche, leur provenance beaucoup moins.
Ce sont soit des billes de plastique échappées des usines de plastique qui se sont retrouvés à la mer, soit, le plus souvent, du plastique érodé par le sel et les courants marins.

        Mais il n’y pas que les micro-particules de plastique de nos déchets qui se retrouvent dans les océans, il y aussi toutes les cargaisons échouées du transport maritime, et là, c’est jackpot. Ainsi, sur la plage, nous pouvons avoir l’impression que ce sont les gens qui laissent leurs déchets, mais pas toujours ! Une des pollutions les plus importantes de cargaisons échouées en Bretagne sont les téléphones Garfield[4], les seringues et les opercules d’huile, ketchup ou autre ! Comme de plus en plus de nos objets viennent d’Asie, il arrive régulièrement que des porte-conteneurs s’échouent ou perdent leur cargaison, et là ce sont des conteneurs entiers qui se retrouvent dans l’océan en déversant leurs marchandises (qui est majoritairement, en plus, en plastique !). En 2017, ce sont 1390 conteneurs déclarés qui sont tombés à la mer[5] !!!

Objet échoué, un opercule en plastique, venant d'un conteneur.
Objet échoué, une seringue en plastique, venant d'un conteneur.

La seringue et l’opercule sont des traceurs.
Ce sont des objets qui se trouvent en grande quantité sur les plages à cause de conteneurs échoués. Lors d’un ramassage de déchets sur une plage, il faut les signaler afin que les associations environnementales puissent essayer de localiser le conteneur en étudiant les courants marins. 

       Ensuite, un autre problème du plastique est qu’il se recycle très mal, mais vraiment très mal (malgré ce que certains nous laissent croire !). Ainsi, il n’y a que les PET clairs et PEHD qui se recyclent (plastique numéroté 1 et 2, voir encadré plus bas). C’est pourquoi, en 2017, quand les nouvelles bouteilles de lait étaient sorties (en PET mais opaque au lieu de PEHD ; n° 1 au lieu de n° 2), une demande d’interdiction avait été réclamée car ce type de bouteille complique le recyclage pour les collectivités[6]. Les associations environnementales et de consommateurs (n’oubliez pas que le recyclage se paye via nos impôts) n’avait eu qu’un demi gain de cause de la part du gouvernement de l’époque : les entreprises utilisant ce type de bouteilles doivent seulement maintenant payer un malus jusque 2022[7] (c’était sans doute trop simple d’interdire).

       De même, le plastique n’est recyclable que trois fois au grand maximum[8] et quand il est recyclé ! En France, 26 % seulement des plastiques sont recyclés[9]. Dans le monde, cette part tombe à 9 %[10] !!! Bref, avec un matériau aussi problématique à l’heure actuelle, tous les emballages plastiques devraient être interdits ! La démarche zéro déchet permet donc de régler ce problème en refusant tous les emballages.

Les avantages du plastique

Si le plastique est autant prisé, c’est qu’il a quand même des qualités.

  • Peu cher à produire grâce à la manne pétrolière
  • Malléable : on peut lui donner une multitude de forme et facilement
  • Colorisable : on peut lui adjoindre énormément de pigments (argument qui me parle)
  • Solide
  • Léger : ce qui explique la légèreté de nos véhicules actuels
  • Pas d’allergie connue au plastique : très pratique pour les préservatifs, les perfusions, etc.
  • Incassable : argument à discussion car avec le vieillissement, certains plastiques deviennent cassants (vaisselle en mélamine par exemple)
  • Hygiénique : argument non valable pour moi car le plastique se nettoie beaucoup moins bien que le verre, comme le montre nos gamelles en plastique qui restent tâchées de sauce tomate

Les méfaits sanitaires du plastique

       L’autre gros problème du plastique est sanitaire. Les micro-particules de plastique présentes dans l’océan sont prises pour du phytoplancton par le plancton qui l’ingère, qui est lui-même ingéré par les crustacés, puis par les poissons, pour ensuite se retrouver de nouveau dans notre assiette ! J’écris « de nouveau » car Greenpeace a prouvé l’année dernière que nous ingérons 5 g de plastique par an[11] (l’équivalent d’une carte de crédit !). C’est énorme ! D’autant plus que le plastique ne se dégradant pas, se retrouve dans notre eau de robinet[12], puis dans nos estomacs, pour finir aux toilettes, et de nouveau dans l’eau (à l’heure actuelle, les stations d’épuration n’arrivent pas à traiter les micro-particules de plastique !). En outre, comme les micro-particules sont microscopiques, elles entrent facilement dans le corps humain de différentes façons : ingestion, inhalation, voire contact direct.

Plastique abîmé : particules de plastique qui se retrouvent dans les aliments.
Plastique abîmé Tupperware : particules de plastique qui se retrouvent dans les aliments.

Couvercle d’une gamelle en plastique.
Observez comment le plastique se dégrade.
Je n’ose imaginer le nombre de particules de plastique qui iraient dans les aliments
si je la faisais encore chauffer au micro-ondes.

       Les conséquences du plastique, actuellement connues, sur notre santé sont catastrophiques : baisse de fertilité avec la famille du Bisphénol (le A si problématique a été remplacé par un autre, a priori moins problématique, a priori…), cancer, développement du diabète, impact sur le système immunitaire et celui respiratoire[13]. Sans compter que les scientifiques connaissent encore mal l’effet cocktail, c’est-à-dire l’effet de vivre avec plusieurs molécules de plastique en même temps.

       L’autre aspect problématique du plastique est les composants avec lesquels il est mêlé lors de sa conception : colorisation, souplesse ou dureté, retardateur de feu, etc. Ces composants sont souvent cancérigènes comme le styrène pour le polystyrène.

       Et le pire est d’utiliser du plastique dans l’usage alimentaire à cause de la migration des composés plastiques dans les aliments ! En effet, quand on chauffe le plastique, ces composants se mélange avec nos aliments (merci les gamelles Tupperware !). De même, les corps gras rendent le plastique « plus ouvert » libérant donc les composants chimiques qui le composent ! Ainsi, toutes les bouteilles d’huile en plastique devraient être interdites tout comme les gamelles en plastique. C’est pourquoi il est interdit de vendre la nourriture des nourrissons dans des contenants en plastique (les fameux pots de bébé en verre) et d’utiliser un plastique faiblement migrateur pour les bébés[14] (par contre, nous adultes, nous pouvons crever).

       Enfin, le recyclage pose un autre problème car en mélangeant des plastiques différents, des composants dangereux peuvent se retrouver dans des jouets pour enfants…

       La démarche zéro déchet permet donc de régler ces problèmes car son objectif est de bannir les emballages, mais aussi de préférer pour nos objets du quotidien des matériaux sains et qui se dégraderont sans laisser de trace sur la planète. Ces matériaux comme le verre, le bois, l’inox et la porcelaine ou céramique (sans peinture toxique) n’ont jamais posé problème pour notre santé. Ils sont d’autant plus importants à privilégier quand ils sont en contact avec la nourriture chaude et les corps gras comme la passoire, le pied du mixeur-plongeur, la louche, etc. Avant les années 1970, tous les objets de cuisine étaient en métal, bois, verre ou céramique : spatule, cuillère, plat Pyrex…

        La planche à découper en plastique pose, elle aussi, problème même si les aliments ne sont pas chauds. En effet, à force de couper, des petits bouts de plastique se détachent de la planche, se collant le plus souvent à nos aliments coupés. Si le plastique était vu comme plus hygiénique, il y a 15 ans, les dernières études scientifiques montrent que la planche en bois est finalement davantage hygiénique car le bois a des propriétés naturellement anti-bactériennes[15]. Évidemment, privilégiez la planche en bois local (hêtre ou noyer pour le nord de la France, olivier pour le sud de la France) et non en bois exotique.

Comme les verres Duralex, le plastique a des numéros

Très peu connu, et c’est bien dommage, le plastique est rangé dans sept catégories.

Tout emballage plastique a (normalement) son numéro indiqué. C’est le numéro dans un triangle composé de flèches.

  1. Le PET ou Polytéréphtalate d’éthylène (bouteille d’eau, d’huile, nouvelle bouteille de lait sans opercule d’aluminium) : classé comme potentiellement cancérigène, ne jamais boire le contenu d’une bouteille qui a été près d’une source de chaleur (gaz, soleil)
  2. Le PEHD ou Polyéthylène à Haute Densité (bouteille de lait avec opercule en aluminium, jus de fruits, boîtes alimentaires pour congélation, bouchons, flacons produits d’entretien) : le meilleur plastique pour l’alimentaire, très peu de migrations connues.
  3. Le PVC ou polychlorure de vinyle (n’est pas recommandé pour l’utilisation alimentaire, mais est utilisé dans les gommes, cliquez ici pour mon article à ce sujet) : ce plastique est composé de phtalates, substances hautement toxiques.
  4. Le LDPE ou polyéthylène (emballages congelables, film étirable, sachet) : peu de migration connu
  5. Le PP ou polypropylène (emballages de la vente à emporter, gobelets en plastique, gourdes ou barquettes réutilisables, pots de yaourt) : faible migration, mais se dégrade rapidement.
  6. Le PS ou polystyrène (barquettes pour les produits frais, couverts jetables, ustensiles en plastique, emballages de produits laitiers, couvercles de tasses à café) : le styrène étant cancérigène, plusieurs pays en ont interdit l’usage alimentaire[16].
  7. Autres comme le polysulfone, le polyéthersulfone ou le polycarbonate (bouteilles d’eau réutilisa­bles, biberons, boîtes alimentaires type Tupperware) : le polycarbonate est le plastique qui contient du bisphénol A dont la toxicité est aujourd’hui démontrée.

Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi au moment de la mise en place du recyclage du plastique, les collectivités n’ont pas misé leur communication sur les numéros ! Cela est plus simple (pas de débat à avoir) et éviterait moult erreurs lors du recyclage par les particuliers !

Plastique polytéréphtalate d’éthylène ou numéro 1.
Numéro de plastique sur une bouteille d’eau gazeuse.

Mon cheminement zéro déchet

       Entre le gaspillage bête des ressources et les méfaits du plastique aussi bien sanitaires qu’écologiques, je me suis rendu compte que le zéro déchet permettait de lutter à son échelle contre le fléau du plastique et des emballages. J’ai donc décidé d’apporter peu à peu ma pierre à l’édifice de la grande communauté des zéro-déchétistes. Mon parcours zéro déchet s’est fait peu à peu, et comme je l’ai écrit plus haut, je suis encore loin d’être parfaite !

       Le plus simple, personnellement, a été les cosmétiques. Ayant une peau très sensible, j’étais déjà habituée à faire attention aux produits que j’utilisais pour ma peau et à utiliser du savon solide à la place du gel douche. Le seul changement qui n’a pas été fait est pour le dentifrice où là, je n’en ai pas encore trouvé un qui ne se délite pas face à l’humidité bretonne, sans huile essentielle (terrain allergique et pas écologique à grande échelle) et qui n’abîment pas mes gencives qui sont TRÈS fragiles. Si vous avez des conseils, je suis preneuse.

            Ensuite, cela a été les produits ménagers qui ont aussi été faciles à remplacer, excepté le produit vaisselle où je suis encore en train d’expérimenter. Je peux même vous dire que pour la lessive et le nettoyant multi-usage, je ne reviendrai pas en arrière ! Certains diront que cela prend du temps. Perso, je ne trouve pas. Le temps qu’on passe à faire les courses est remplacé par des recettes rapides à faire. Après, c’est sûr, j’aime bien tambouiller, cela aide !

       Concernant l’alimentation, j’y ai été peu à peu. C’est-à-dire que j’ai commencé par ne plus acheter les produits qui étaient emballés dans du plastique (excepté les biscuits apéritifs qu’on ne trouve pas en vrac à Quimper) : pâtes, riz, lentilles, pois, haricots secs. Là, ces produits sont très facilement trouvables en vrac, voire même en local.

       Pour le café et le thé, je prenais déjà en vrac car c’est moins cher au kilo et de meilleure qualité.

       Pour les produits frais (fruits, légumes, fromage, etc.), je faisais déjà le marché. Donc peu d’emballage pour les fruits et légumes : directement dans le panier ! Pour les autres, avant la crise du covid-19, j’amenais  mes bocaux ou boîtes en verre. Pour que ce soit plus simple, je prépare mon panier avec les bocaux pour le fromage blanc, et les boîtes en verre pour le fromage et la viande. Avec la crise, tout cela est emballé dans du papier, mais c’est toujours mieux que dans les films cellophane, qui en plus ne laisse pas respirer les denrées ! Certains zéro-déchétistes ont adopté les « bee-wraps » ou emballages cirés, personnellement, je n’ai pas vu l’intérêt et n’ai pas été emballée par le concept.

            Pour les yaourts, j’en achète encore de temps en temps, mais avec ma recette rapide (pour la découvrir, cliquez ici), de moins en moins.

Le zéro déchet, un bien-être personnel

Le zéro déchet a été pour moi une révélation. Je viens en effet d’une famille où on jette rarement (#syndromedeDiogène), chaque objet est utilisé, réutilisé, voire ré-réutilisé ! J’ai donc appris très jeune à toujours me demander avant de jeter un objet à quoi pourrait-il resservir (au grand dam de mon compagnon !), voire même s’il ne peut pas servir pour quelqu’un d’autre !

Le problème de cette philosophie est qu’à l’heure actuelle, vous vous retrouvez avec des tonnes d’objets et d’emballages qui « peuvent resservir ». Nos habitations n’étant pas extensibles, ni notre temps pour les ranger, le zéro déchet a donc réglé ce problème puisque l’emballage n’existe plus ! Et je peux vous dire que cela m’a considérablement allégé l’esprit. Bon, soyons honnêtes, ma maison est quand même toujours aussi pleine sealed.

Mes conseils pour entamer une démarche zéro déchet

       Pour ceux qui commence la démarche, je conseille d’arrêter ou de limiter le supermarché, car là, c’est le temple de l’emballage (rien que la viande, et le fromage dans certains supermarchés, c’est une barquette,  un cellophane PLUS une étiquette), et même si leurs rayons VRAC se développent, il n’y a pas assez de choix. En outre, la politique du supermarché est de vous faire acheter plus, ce qui est incompatible avec une démarche zéro déchet. Sans oublier que les prix du vrac et du bio sont souvent plus chers au supermarchés (mon article à ce sujet en cliquant ici). Bien sûr, arrêter totalement le supermarché, ce n’est pas simple : j’y vais encore moi-même de temps en temps pour l’alcool !

Emballage de plastique pour la viande et le fromage.

Le supermarché ou le temple de l’emballage.
Même la viande et le fromage sont proposés dans des barquettes en plastique, cellophanées ET étiquetées ! Quel gaspillage de ressources ! Alors qu’il serait tellement possible de proposer TOUTE la viande et le fromage à la coupe.

        Le mieux est de faire le marché car, souvent c’est moins cher, vous avez la totalité des produits au même endroit (excepté les produits ménagers et cosmétiques mais vous n’en avez pas besoin toutes les semaines, et encore, certains marchés en proposent) et les produits sont de meilleure qualité, notamment pour les fruits et légumes car il n’y a que le camelot qui les tripote (encore plus vrai avec la crise actuelle) et en plus, c’est un moment convivial (avis personnel). Vous avez affaire toujours aux mêmes camelots, et si vous n’êtes pas content d’un produit, vous pouvez lui faire la remarque (gentiment) la fois suivante. Bien sûr, ce n’est pas toujours simple, j’ai encore la chance à Quimper d’avoir un marché du soir, ce qui facilite les choses pour les gens qui travaillent en journée.

       De même, je pense que faire ses courses en magasin bio, si on n’a pas de magasin de vrac près de chez soi, est plus simple pour passer au zéro déchet. Les magasins bio, même s’ils ne sont pas encore parfaits sur les emballages, tendent à faire des efforts sur ceux-ci, contrairement aux supermarchés qui s’en foutent royalement (excepté pour vous faire croire le contraire !).

       Et si vous n’avez rien de tout ça, il y aussi les camions itinérants de vrac qui se développent un peu partout ! Pensez à eux !

       Concernant les prix, là c’est très variable d’un magasin à un autre. Comme je l’écrivais dans l’article sur les prix au supermarché, les supermarchés en profitent, alors que les prix sont raisonnables au marché (moins d’intermédiaires) et pour les magasins bio, cela dépend vraiment des enseignes. Le mieux est de comparer les enseignes que vous avez près de chez vous et de voir aussi ce qui est le plus pratique pour vous.

       Dans le zéro déchet le plus dur est donc le premier pas et de changer ses habitudes, notamment celle du supermarché ! Nous avons presque tous connu que cette façon d’acheter notre alimentation, donc forcément il est difficile de se défaire de plus de 30 ans d’habitudes (pour ma part !). Mais surtout ne vous mettez pas la pression. Il faut y aller petit à petit, car il y a trop de choses à changer d’un coup ! Commencez soit par éliminer les produits emballés dans du plastique, soit par des pièces de la maison comme a fait Natasha du blog Échos verts dans ses éco-défis, soit par des catégories de produit : cosmétique, ménager, alimentaire. Le plus simple est de commencer par des petits objectifs et de les augmenter au fur et à mesure, et vous verrez au bout d’un moment, cela sera un automatisme et vous n’y penserez même plus !

       Alors, prêts à essayer de réduire vos emballages et été ?

      N’hésitez pas à mettre dans les commentaires ou dans le formulaire sur quel(s) point(s) vous avez des difficultés. Je pourrais peut-être vous aider !
Et si quelqu’un a une réponse pour les chips, je suis preneuse wink !

 

Formulaire

POUR EN SAVOIR PLUS

Sur le plastique

En musique, le groupe Elmer Food Beat a repris en partenariat avec l’association SeaCleaners sa chanson phare « Le Plastique, c’est fantastique », en l’adaptant au contexte actuel : « Le plastique, c’est dramatique » https://www.youtube.com/watch?v=CZvww5K8gxw

L’émission télévisée Cash investigation sur le plastique : « Plastique, la grande intox » (https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-11-septembre-2018_2925427.html). Émission intéressante car elle montre la chaîne du plastique dans son ensemble (de sa fabrication au recyclage) et le comportement des individus MAIS aussi des entreprises.
Pour la voir en intégrale sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=wZT3drAYIzo
Pour un résumé radiophonique : https://www.dailymotion.com/video/x6tfvx0
Pour un résumé à lire : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/videos-plastique-la-grande-intox-les-cinq-extraits-de-cash-investigation-qu-il-ne-fallait-pas-rater_2935731.html

L’émission radiophonique La méthode scientifique sur France Culture : « Plastique, la fin d’un cycle ? » (https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/plastique-la-fin-dun-cycle)

Le rapport de l’ONU sur le plastique : https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/25513/state_plastics_WED_FR.pdf?sequence=4&isAllowed=y

Texte législatif sur l’utilisation du plastique en France : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Plastiques

Article du Figaro : « 5 chiffres chocs démontrent pourquoi le plastique est un fléau planétaire » : https://www.lefigaro.fr/conso/2018/09/11/20010-20180911ARTFIG00013-5-chiffres-chocs-demontrent-pourquoi-le-plastique-est-un-fleau-planetaire.php

Concernant les bouteilles de lait, l’association française Zero Waste (Zéro déchet) avait fait tout un article explicatif pour reconnaître les différents bouteilles : http://www.sauvonsletri.fr/

Sur le zéro déchet
Mon blog wink avec pour l’instant 2 recettes zéro déchet que vous retrouverez ici et une autre très bientôt  : https://crevette-diplomate.fr/portfolio/

Mon blog préféré : Échos verts, le blog de Natasha Tourabi (autrice du livre 21 éco-défis) : https://echosverts.com/. Si vous débutez dans le zéro déchet, Natasha a mis en place un système d’éco-défi pièce par pièce dans la maison (https://echosverts.com/eco-defis/). Sinon, son livre, 21 éco-défis, est une mine d’informations et est le plus complet à ce sujet.

Camille se lance, le blog de Camille Ratia (autrice du livre Le zéro déchet) avec beaucoup de recettes de base et des produits simples : https://www.camille-se-lance.com/.

Pour éviter le supermarché

Carte des magasins de vrac publiée par France Inter :  https://www.franceinter.fr/societe/exclusif-la-carte-des-epicerie-100-vrac

Défi Février sans supermarché lancé par le blog En vert et contre tout, avec en bas de page, une liste des groupes pour vous aider classée par pays et région :  https://envertetcontretout.ch/2020/01/12/4e-edition-du-defi-fevrier-sans-supermarche/

Argument financier avec mon article : https://crevette-diplomate.fr/supermarche-les-prix-ne-sont-pas-aussi-bas/

NOTES DE BAS DE PAGE

[1] https://www.linfodurable.fr/environnement/la-production-mondiale-de-dechets-plastiques-pourrait-augmenter-de-41-dici-2030

[2] https://www.lesechos.fr/2017/12/la-hausse-de-la-production-de-plastiques-fait-peser-une-menace-sur-lenvironnement-189500

[3] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/des-micro-plastiques-meme-dans-les-glaciers-alpins_133007

[4] https://www.20minutes.fr/insolite/2484807-20190329-bretagne-sait-enfin-pourquoi-telephones-garfield-echouent-depuis-30-ans-plages

[5] https://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Le-mystere-de-l-echouage-de-telephones-Garfield-sur-les-plages-bretonnes-enfin-resolu-1615577

[6] https://www.quechoisir.org/actualite-bouteilles-de-lait-boycottez-le-pet-opaque-n24466/

[7] https://www.banquedesterritoires.fr/dechets-demballages-menagers-un-malus-pour-le-pet-opaque?cid=1250279023772&pagename=Territoires/Articles/Articles

[8] https://www.leparisien.fr/societe/recycler-les-bouteilles-en-plastique-pas-si-facile-13-08-2018-7851393.php

[9] https://www.leparisien.fr/environnement/recycles-incineres-que-fait-la-france-de-ses-dechets-plastiques-08-06-2019-8089176.php

[10] https://www.lefigaro.fr/conso/2018/09/11/20010-20180911ARTFIG00013-5-chiffres-chocs-demontrent-pourquoi-le-plastique-est-un-fleau-planetaire.php

[11] https://www.greenpeace.ch/fr/story-fr/37538/le-principe-jetable/

[12] https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/25513/state_plastics_WED_FR.pdf?sequence=4&isAllowed=y à la page 5 : 83 % de l’eau du robinet contient des micro-particules de plastique, sans oublier le sel marin !

[13] https://www.topsante.com/medecine/environnement-et-sante/perturbateur-endocrinien/les-recipients-alimentaires-en-plastiques-peuvent-representer-un-danger-247957

[14] Texte législatif sur le plastique : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Plastiques

[15] https://www.dangersalimentaires.com/2019/07/quelle-planche-a-decouper-choisir-bois-plastique/

[16] https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/grenade-interdit-polystyrene-623980.html

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