Purifier l’eau en zéro déchet : l’astuce la plus simple, économique et efficace

Purifier l’eau en zéro déchet : l’astuce la plus simple, économique et efficace

       Voici ma première astuce zéro déchet. C’est une astuce et non une recette car il n’y a pas de tambouille à faire. Je la partage car je trouve qu’elle n’est pas assez connue, et c’est bien dommage, car elle est économique, sans plastique et dure longtemps !

 

Premiers tâtonnements pour purifier l’eau

       J’ai toujours bu de l’eau du robinet depuis que je suis petite. Cela m’a toujours semblé normal, et étant une famille de gros buveurs d’eau (et pas que sealed), c’était une obligation pour ne pas à avoir acheter un pack d’eau par jour ! Mais arrivé à Quimper, là surprise, l’eau du robinet est infecte, même si elle est déclarée comme potable (la Bretagne a un énorme problème d’eau à cause de la pollution agricole des sols, un comble pour une région où la pluie est en abondance !).

       Comme je ne me voyais pas acheter des packs d’eau toutes les semaines, j’ai pris au début des bonbonnes d’eau de 5 L (qui servent maintenant de cloches à salade, #récup !), mais cette situation ne me satisfaisait pas. Cela faisait encore du plastique. Certes, toujours moindre que des bouteilles d’eau de 1,5 L, mais toujours du plastique qui, ne l’oublions pas, ne se recycle que 3 fois au maximum et cause d’innombrables problèmes sanitaires et écologiques (qui ont été décrits dans mon article précédent). Sans oublier le problème de la privatisation de l’eau. Par exemple, Nestlé qui détient aujourd’hui Vittel, interdit aux Vittelois de boire leur propre eau afin que la multinationale en ait assez pour elle pour pouvoir la vendre[1].

       À cause de toutes ces questions, je suis donc passée à la carafe Brita. L’eau était un peu meilleure mais ce n’était pas l’excellence. Notre famille, qui venait, n’appréciait toujours pas l’eau. Et changer la cartouche tous les mois était contraignant : il fallait y penser, se déplacer au supermarché pour en acheter. Et le recyclage des cartouches est compliqué car à Quimper, il n’y a que le magasin Darty qui les récupère, donc le type de magasin où on ne va pas tous les quatre matins, d’autant plus qu’il est dans une zone commerciale où je mets rarement les pieds ! Ce n’était donc pas du tout l’idéal pour moi, sans parler du coût : entre 4 et 6 euros la cartouche par mois, ce n’est pas négligeable.

       Puis, j’ai entendu parler du charbon (Brita en utilise aussi dans ses cartouches). Là, déjà, au niveau zéro déchet, c’était mieux : le morceau de charbon est valable 6 mois (au bout de 3 mois, il faut le faire bouillir dans l’eau). Mais, hélas, dans tous les magasins en vrac où je l’ai vu, il était toujours emballé dans du plastique !!! Au niveau goût, je n’ai pas testé, mais connaissant les propriétés purifiantes du charbon, je pense que cela fonctionne bien !

Filtrer l'eau en zéro échet avec les perles de céramique.

Mais à quoi servent ces rouleaux de papier toilette pour Playmobil qui se trouvent dans cette carafe d’eau ?

LA découverte des perles de céramique

       Enfin, dans le même temps, je découvrais les perles de céramique ! Et là, c’est la révélation ! La céramique était déjà beaucoup utilisée au Moyen Âge pour filtrer les eaux de baptême. Mais le gros gros avantage de ces perles de céramique est qu’elles sont utilisables à vie !!! Oui, à vie ! Même s’il est indiqué une utilisation pour 10 ans, dans les faits, elles sont à vie. J’ai demandé des précisions à ce sujet aux Verts Moutons (où j’ai acheté mes perles de céramique). Ils m’ont ainsi spécifié qu’ils avaient indiqué une durée d’utilisation car cela rassurait certains de leurs acheteurs.

       Avec ces perles pour purifier l’eau, je ne reviendrai pas en arrière ! Là, l’eau n’a plus aucun goût. La notice conseille de laisser les perles 20 minutes dans l’eau avant de la boire, mais cela m’est arrivé de la boire au bout de 10 minutes, et le goût avait déjà disparu ! Et nos familles ont aussi adhéré ! Même mon beau-père a avoué que là, l’eau était bonne ! Ma mère en a achetées pour chez eux car l’eau en Picardie est calcaire, les perles luttent aussi contre. Je me suis achetée un second jeu de perles pour avoir une carafe d’avance quand nous avons du monde ou pour l’été.

       Au niveau du prix, c’est l’équivalent de 2 ou 3 cartouches Brita, donc pour nous, cela a été vite rentabilisé ! Et je trouve cela plus simple que la carafe Brita car là, pour la première utilisation, il suffit de faire tremper les perles dans l’eau pendant une demi-heure, puis après, vous pouvez la boire : tandis qu’avec la carafe Brita, il fallait la remplir trois fois avant de pouvoir consommer l’eau.

Mes perles de céramique

Les perles que j’ai sont celles de la marque Les Verts Moutons. J’ai dû les acheter sur leur site internet car impossible d’en trouver dans un magasin physique (ce qui est bien dommage, tous les magasins bio ou de vrac devraient en proposer !). N’hésitez pas à en commander à plusieurs pour réduire l’impact carbone (et vos frais de port).

Le gros bémol est que ces perles sont fabriquées au Japon, donc elles viennent de loin. Mais là, je pense que c’est quand même la meilleure solution (la meilleure serait de prendre le problème à la base est de régler le problème de potabilité de l’eau, mais là, il faut attendre que l’État se bouge…).

Purifier l'eau en zéro échet avec les perles de céramique.

Gros plan sur les perles de céramique en action :
filtrer l’eau du robinet pour que son goût soit meilleur.

Une eau meilleure est un choix politique

       Attention, pour utiliser ces perles et pouvoir boire l’eau du robinet, il faut que celle-ci soit tout de même potable. Même si sur la potabilité de l’eau, il y aurait de quoi dire. En Picardie, dans le Ponthieu, par exemple, l’Agence régionale de l’eau a relevé les seuils de potabilité pour que celle-ci soit toujours potable[2]… À Quimper, nous sommes à la limite du seuil… Pour information, le seuil est de 50 milligrammes de nitrates par litre. En sachant que certaines associations environnementales, comme Eau et Rivières de Bretagne réclament la baisse de ce seuil à 10 mg/L… afin de respecter la santé humaine (voir encadré), celles des amphibiens et des poissons. Vous trouvez normalement ces informations sur votre relevé d’eau.

       Ce qui est malheureux, c’est qu’à l’heure actuelle, nous sommes obligés de trouver par nous-mêmes des solutions pour rendre l’eau bonne ! La meilleure solution serait tout simplement de prendre le problème à la base et qu’elle soit potable dès le début, que les collectivités ou Véolia/La Saur ne soient pas obligées de la traiter avec du chlore et autres produits pour la rendre potable. Mais pour prendre ce problème à la base, il faut s’attaquer aux intrants agricoles (engrais et pesticides)… Ce que la ville de Rennes est en train de réaliser ! En effet, depuis plusieurs années, elle a d’énormes problèmes de ressources en eau potable. Pour ce faire, elle a décidé de passer des partenariats avec les agriculteurs dont les parcelles sont situées autour de la ville et en amont du bassin versant pour qu’ils passent en agriculture biologique avec en contrepartie que la ville achète leur production à un prix raisonnable pour les cantines scolaires de la ville[3]… Un système vertueux que toutes les collectivités devraient faire afin que l’eau reste un bien commun à tous.

Les problèmes d’une trop grande quantité de nitrates dans l’eau

Selon certaines associations environnementales, la quantité de nitrate ne devrait pas dépasser les 10 mg/L. La réglementation française fixe le seuil à 50 mg/L. Cependant, un fort taux de nitrates dans l’eau a des conséquences.

  • Au niveau sanitaire : provoque des problèmes intestinaux, la maladie du sang bleu chez les nourrissons et des risques de développement de certaines cancers, sans oublier le contact avec les perturbateurs endocriniens.
  • Au niveau écologique : engendre les fameuses algues vertes bretonnes car, dans cette région l’eau s’écoule en surface comme le sol est granitique. Peu d’eau va ainsi dans les nappes phréatiques, l’eau potable est donc prise dans les rivières.
    Dans d’autres régions de France, comme en Picardie, l’eau potable vient des nappes phréatiques. Celles-ci mettent des années à se former. Si les nappes sont contaminées, cela signifie que la potabilité de l’eau sera impossible à rétablir avant des années…
  • Au niveau monétaire : l’Union européenne inflige à la France depuis des années des amendes sur le non-respect de la norme européenne sur la potabilité de l’eau. Qui paye ces amendes ? L’État, c’est-à-dire NOTRE argent !
  • Au niveau social : si l’eau est de plus en plus mauvaise et de plus en plus chère à cause des multiples traitements pour la rendre à peu près potable ou bonne au goût, les familles démunies seront celles qui n’auront pas les moyens de se payer des bouteilles d’eau ou un système de double filtration d’eau. Et si c’est la collectivité qui leur paye l’eau, c’est encore l’argent public qui va être dépensé doublement : pour le traitement « classique » de l’eau et pour pouvoir payer de l’eau potable aux gens !
  • Enfin, au niveau pragmatique : si rien n’est fait pour diminuer le nombre de nitrates, nos sources d’eau potable seront aussi contaminées d’ici quelques années ! Il faut résoudre le problème à la base, c’est-à-dire limiter les intrants (engrais et pesticides) dans les sols. Je suis désolée pour mes amis agriculteurs, mais là, il faut interdire tout intrant près des sources d’eau, cours d’eau, zones humides et captages à PLUSIEURS kilomètres autour ! C’est LA solution la plus simple, la plus pragmatique, la plus pérenne et la moins coûteuse pour la collectivité.

POUR EN SAVOIR PLUS

Pour avoir les explications « scientifiques » du fonctionnement des perles, le site qui les commercialise : https://www.lesvertsmoutons.com/commentcamarche/

Sur l’exemple de Rennes qui met en place l’agriculture biologique tout autour de son territoire pour améliorer la qualité de l’eau, et les montages financiers et administratifs que la ville a dû mettre en place pour que ce système de production soit légal : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/17/rennes-organise-sa-revolution-agricole_5410288_3244.html

Le livre L’eau en péril de Denis Lefèvre et Vazken Andréassian aux éditions Quae, paru en 2016 (https://www.quae.com/produit/1359/9782759224807/l-eau-en-peril) : je ne l’ai pas encore lu mais il m’a été conseillé par Estelle de @sentiersdimages qui est une bonne source d’informations.

POUR TROUVER LES PERLES

Le site Les Verts moutons (aucun partenariat) : https://www.lesvertsmoutons.com/Ce site me semble très correct et ils répondent aux questions.
Si vous êtes motivé, vous pouvez indiquer ce produit à votre magasin bio ou en vrac pour qu’il en propose.

Sinon, il y a depuis peu le site Apothicaire qui en vend aussi (https://www.perles-ceramique-apothicaire.fr/). Ce sont les mêmes perles qui viennent du Japon. Le prix est à peu près le même. En revanche, ils livrent dans une pochette de toile de jute (plus écologique que le coton) ; et si vous ne prenez qu’un paquet, les frais de port sont moins chers. Cependant, mais là, c’est seulement une impression, ils me semblent moins investis écologiquement que les Verts Moutons. Mais cela est seulement une impression par rapport à leur site internet. Donc, si quelqu’un a un retour positif avec eux, n’hésitez pas à me faire signe.

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2 thoughts on “Purifier l’eau en zéro déchet : l’astuce la plus simple, économique et efficace

  1. Hello,
    Super nouvelle cette astuce zéro déchet et naturelle pour purifier l’eau!
    Hâte de les utiliser moi-même, et de faire connaître ton article et cette astuce autour de moi!
    Magali

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