La gomme ou comment créer des particules de plastique

La gomme ou comment créer des particules de plastique

     Article consommation aujourd’hui, cela faisait longtemps ! Ne vous inquiétez pas, je n’oublie pas cet aspect du blog qui est aussi important à mes yeux ! Cette idée d’article m’est venu en discutant avec ma collègue, Manon, de la rentrée scolaire et des fournitures scolaires qu’il fallait acheter. Affaires scolaires et bureautiques qui ne riment pas du tout avec le zéro déchet. Entre les recommandations de certaines écoles (pas de règle en fer, mais en plastique !), le plastique de plus en plus dominant (taille-crayon, ciseaux) et surtout, surtout les stylos, le plastique est partout ! Le stylo-bille a lui seul symbolise toute l’ère du plastique et du jetable avec le Bic Cristal commercialisé en 1950[1]. Entre les Bic et les Posca (marqueur de peinture), aucun stylo ou presque n’est zéro déchet !

     Pourtant, je ne vais pas vous parler des stylos aujourd’hui et de comment les remplacer dans une démarche zéro déchet. Natasha du blog Échos verts l’a très bien fait dans l’un de ses articles (à lire en cliquant ici). Non, c’est en répertoriant toutes les affaires scolaires que Manon (toujours ma collègue) et moi, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une fourniture dont nous ne connaissions pas la matière ! Cette fourniture qui semble si anodine, que nous TOUS avons utilisée enfant, que nous utilisons encore selon sa profession : j’ai nommé la gomme !

La gomme : un bout de matière
a priori inoffensif

     Mais oui, de quoi est composé ce petit bout de rectangle rose et bleu ou blanc (pour une fois, ma préférée n’est pas celle en couleur mais la gomme blanche, le rose est tellement délavée) ? Là, en cherchant sur internet, le sol s’est effacé sous nos pieds et nous avons été déroutées de ce que l’on découvrait !

     Au début était la gomme, fabriquée à partir de gomme naturelle comme le caoutchouc. Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, la gomme était en caoutchouc naturel. Les Trente Glorieuses arrivent et avec elles l’ascension du plastique. Le caoutchouc naturel est peu à peu remplacé par du caoutchouc synthétique (comprenez une sorte de plastique, voir encadré !). Mais comme si cela ne suffisait pas, ce caoutchouc synthétique va lui-même être remplacé par du plastique vinyle ou polychlorure de vinyle, c’est-à-dire le PVC ! Donc, la majorité des gommes achetées aujourd’hui sont en réalité du PVC ! Vous donnez ainsi chaque jour à vos enfants, une dose (certes, infime) de pétrole ! Et là, c’est plus embêtant.

Le caoutchouc synthétique

Le caoutchouc synthétique a été mis au point au début du XXe siècle. C’est un élastomère, c’est-à-dire un polymère (un ensemble de différentes macro-molécules) ayant des propriétés élastiques. Il ne contient normalement pas de plastique, même si pour certains usages, on peut lui ajouter des plastifiants (pour le rendre plus souple ou au contraire, plus rigide !). Avec les difficultés d’approvisionnement en caoutchouc naturel lors des différents conflits mondiaux, le caoutchouc synthétique supplante peu à peu celui naturel à la fin du XXe siècle.

     Si le PVC en tant que tel est à peu près stable (aux dernières études), le problème est quand la gomme rentre action. En effet, quand vous gommez, des petites pelures apparaissent. Quand il y en a beaucoup, vous les ramassez avec votre main et les mettez à la poubelle, mais quand il y en a peu, où vont celles-ci ? Elles partent sur le sol, puis dans l’eau quand le sol est nettoyé ; dans l’eau, elles vont, si vous avez un réseau d’assainissement, à la station d’épuration (si non, c’est en pleine nature). Et la station d’épuration ne pouvant traiter des particules aussi fines, elles sont donc rejetées dans l’eau de nos rivières. Ainsi, avec les pelures de gomme en plastique, vous venez de créer sans vous en rendre compte des micro-particules de plastique ! Oui, je pleure quand je pense à tout ce que j’ai pollué sans m’en rendre compte !

Des gommes plastiques qui viennent de loin

     En écrivant cet article, je me suis bien sûr renseignée en allant voir directement le packaging des gommes (toujours aller voir à la source). Certaines marques commencent à faire des gommes sans PVC, mais elles ne précisent pas par quoi il est remplacé : par du plastique, mais le plastique, c’est vague : il y a tellement de sortes différentes (un long article sur le plastique arrivera d’ici, j’espère, la fin de l’année). Cependant, ce qui m’a le plus interloquée (cela faisait longtemps que je n’avais pas acheté de gomme), c’est que maintenant les trois quarts des gommes ne sont mêmes plus fabriquées en France !!! Je suis encore tombé d’un échelon sur l’industrie de la mondialisation ! Pour rappel, Maped est une entreprise française, l’acronyme signifie Manufacture d’articles de précision et de dessin (bon, on en est loin maintenant avec leurs accessoires pour loisirs créatifs).

Lire les étiquettes nous permet d’en savoir un peu plus sur la composition des gommes.

La première est sans PVC, mais on ne sait pas par quoi il est remplacé.
De plus, elle est fabriquée en Chrine. 

La deuxième de marque Leclerc est très claire : c’est du plastique,
et on le sait sans avoir besoin de retourner le paquet.
En revanche, le lieu de fabrication n’est pas mentionné.

La dernière est parfaite : caoutchouc naturel et fabriqué en France.
Un bémol, toutefois : l’emballage plastique. 

     Et le comble, c’est quand vous voulez acheter une gomme sans PVC, en matière naturelle et fabriquée en France : vous payez le prix double !!! Je ne comprends toujours pas pourquoi nos politiques sous l’engagement de développement durable ne font rien pour favoriser l’emploi français, qui éviterait une tonne de transports inutiles (et la baisse du chômage en prime) ! À quand des taxes sur le transport maritime ?! Bon, je m’énerve et vais plutôt revenir sur le sujet principal pour m’adoucir : la gomme.

     Ce qui est formidable avec cet article, c’est que nous voyons comment une petite fourniture a l’apparence inoffensive est en fait un facteur de pollution sans que personne ne s’en rende compte. Le problème est qu’il faut être toujours et toujours aux aguets, car les industriels changent souvent leur fabrication (pour, les trois quarts du temps, réduire leur coût), mais bien sûr sans nous prévenir ! Alors gommons tout ce que nous savons, et réapprenons à chaque fois en cherchant par nous-mêmes, et en lisant toujorus les étiquettes !

Pour en savoir plus

Sur le PVC, sa production : http://www.societechimiquedefrance.fr/extras/Donnees/mater/pvc/cadpvc.htm

Sur la fabrication de la gomme, une vidéo intéressante, même si je pense que le processus est aujourd’hui davantage robotisé : https://www.dailymotion.com/video/x2kvqu

 

Notes de bas de page

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Stylo_à_bille

Que faire ?

Si vous avez les moyens,
achetez des gommes en caoutchouc naturel et fabriquées en France.

Sinon, essayez de toujours bien ramasser vos pelures de gomme pour les mettre à la poubelle, mais cela n’est pas évident pour les enfants à l’école.

Parlez-en aux professeurs autour de vous pour qu’ils apprennent à leurs élèves à ramasser leurs pelures de gommes et à les jeter à la poubelle à la fin des cours, ou encore s’ils ne veulent pas de débordement, à passer dans la salle de classe avec une boîte qui récupérera les pelures.

Si cet article vous a intéressé, partagez-le ! Merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Cet article vous a intéressé, partagez-le !