Supermarché : les prix ne sont pas aussi bas

Supermarché : les prix ne sont pas aussi bas

Un petit article consommation pour se mettre en jambe
en début d’année avant de reprendre les choses sérieuses avec les prochains articles (comprenez féminisme et politique) !

       Début janvier, rentrée de vacances et de Picardie dimanche soir. Malgré les gamelles préparées de Maman wink, le frigo est vide, il faut donc se ravitailler en produits frais le lundi. Comme d’habitude, nous allons à Brin d’Avoine (magasin indépendant de produits bio à Quimper), et là surprise, fermé pour inventaire. Deux solutions : soit aller au Géant qui est à côté, soit à la Biocoop qui est à l’opposé ! Dilemme écologique : vaut-il mieux aller plus loin avec sa voiture et aller dans un magasin bio, ou user moins d’essence et aller dans un gros supermarché qui paye très mal ses caissières et se prend des marges énormes ?

       Dilemme à moitié résolu comme je devais aller aussi à la FNAC pour acheter des places, j’opte pour Géant en décidant de n’acheter que des produits bio ! Eh bien, mon portefeuille n’a pas du tout, mais pas du tout aimé cette solution ! En effet, j’ai HALLUCINÉ des prix pratiqués sur les produits bio ! Mais tellement que cela a valu cet article ! Je sais que Géant est déjà, à la base, un supermarché plus cher que la moyenne, mais quand même ! Maintenant, je comprends mieux quand les gens me disent que le bio, c’est cher ! Oui, le bio, c’est un peu plus cher que la moyenne, mais c’est surtout beaucoup plus cher en supermarché !

 

Le bio est plus cher en supermarché qu’en magasin bio

       Je vous ai donc fait un comparatif des prix pratiqués sur les produits bio au supermarché Géant et au magasin bio Brin d’Avoine, tous deux basés à Quimper. J’ai choisi quelques produits phares différents (en vrac, conserves et laitiers) pour bien montrer que la différence de prix touche toute une gamme de produits bio. Je vous ai mis  les photos des produits et de leurs prix ! J’ai mis les photos prises à Géant à gauche, et celles à Brin d’Avoine à droite.

       On réalise ainsi que, pour les produits en vrac, Géant se fait plus que plaisir (j’avais aussi remarqué la même chose au Leclerc de Quimper), avec une différence au prix au kilo de PLUSIEURS euros ! Aussi bien sur des légumineuses que sur des fruits secs. Et le pire, c’est que les lentilles de Géant ne sont même pas cultivées en France ! Je n’ai pas pu comparer le prix des pâtes car il n’y en a pas en vrac à Géant. Mais je sais qu’à Leclerc, les pâtes en vrac sont aussi plus chères.

À gauche, les lentilles en vrac vendues à Géant. À droite, celles à Brin d’Avoine.
Le prix est tellement exorbitant que Géant indique en plus gros le prix pour 500 g de lentilles.
Et nous ne connaissons pas leur provenance.
Certaines personnes me feront remarquer sur les lentilles blondes et vertes,
ce n’est pas la même chose. Ce qui est vrai, mais il n’y avait pas de lentilles vertes à Géant,
et le plus souvent, les lentilles vertes sont plus chères que les blondes.

À gauche, les amandes en vrac vendues à Géant. À droite, celles à Brin d’Avoine.
Celles de Géant sont à 29,90 € le kilo tandis que celles de Brin d’Avoine sont à 22,90 € :
7 € de différence !

      Idem sur certains produits laitiers : les prix pratiqués sont plus élevés et pas de quelques centimes !

À gauche, le camembert vendu à Géant. À droite, celui à Brin d’Avoine
(hélas, celui de la ferme de Kerheu n’y était pas le jour où j’ai pris les photos).
Celui à Géant est à 4,82 € tandis que celui à Brin d’Avoine est à 3,49 € (3,35 € en prix adhérent) :
plus d’un euro de différence pour un camembert !

       En revanche, pour les conserves, les prix sont à peu près équivalents de ce que j’ai vu. Mais il y a quand même des exceptions comme les petits pois. Concernant les tomates concassées, les prix sont moins chers en magasin bio pour les tomates venant d’Italie (je n’ai pas su d’où venaient celles de Géant). Cependant, elles sont un peu plus chères pour les tomates cultivées en France, mais de seulement quelques centimes. Personnellement, c’est celles que j’achète. De cette manière, j’aide à l’emploi français et il n’y pas de mafia italienne ou chinoise qui est derrière ces tomates (si vous voulez vous faire peur sur le commerce de la tomate, vidéo à regarder en cliquant ici).

À gauche, les petits pois vendus à Géant. À droite, ceux à Brin d’Avoine
Ceux à Géant sont à 2,53 € tandis que ceux à Brin d’Avoine sont à 2,00 € (1,92 € en prix adhérent) :
plus de 50 centimes de différence pour un petit bocal de petits pois !

Tout à gauche, les tomates concassées vendues à Géant. Au milieu, celles à Brin d’Avoine qui viennent d’Italie. Tout à droite, toujours à Brin d’Avoine mais qui viennent de France.
Les tomates italiennes à Brin d’Avoine sont moins chères que celles à Géant.
Les tomates françaises sont plus chères de quelques centimes,
mais moins chères quand on a la carte adhérent.

Payer le bio à son juste prix

       Bien sûr, il y a des produits qui coûtent quand même plus cher dans les magasins bio. Ce serait trop simple sinon. Par exemple, la moutarde. Mais ma moutarde est bio, encore fabriquée à Dijon et est trop bonne. Donc, je trouve que cela les vaut. Et je préfère que mon argent aille chez un producteur français qui cuisine des produits de qualité qu’à un grand groupe qui n’a aucun scrupule pour ses employés. Et en plus, leur moutarde bio n’est pas cuisinée en France (sur la question de la provenance des produits, se référer à mon article en cliquant ici).
       Et pour compliquer les choses, certaines chaînes de magasin bio sont plus chères que la moyenne, je pense notamment à Naturéo où j’ai plusieurs fois eu l’occasion d’y aller. Les prix pratiqués sont excessifs et en plus, ils ne font pas attention à la saisonnalité des fruits et légumes !

 

Changer ses habitudes de faire les courses

       Moralité de l’histoire : comparez toujours et toujours les prix. Ce n’est pas parce que nous sommes dans un magasin qui se revendique moins cher que les prix sont vraiment moins chers (vous avez remarqué que toutes les pubs de Leclerc, Carrefour et Super U sont là pour dire que ce sont eux les moins chers !).

       Surtout n’hésitez pas à aller sur les marchés. Pour ceux qui travaillent la journée, de plus en plus de villes proposent un marché nocturne (à partir de 16 h jusqu’à 20 h). En diminuant le nombre d’intermédiaires, vous diminuez le prix. En plus, je trouve que les fruits et légumes du marché se conservent mieux car souvent les fruits et légumes ne sont manipulés que par les camelots. Il n’y a pas, comme au supermarché, une tonne de gens qui les touchent pour les soupeser, les tâter et les reposer ensuite avec une multitude de microbes !

       Enfin, n’hésitez pas à aller dans les magasins de vrac. Ils sont en train d’ouvrir dans toutes les villes. Cette carte les répertorie (cliquez ici). Ils ne sont pas toujours entièrement bio, mais sont très souvent fournis en produits locaux. Même dans la ville de mes parents (Abbeville), il y a un magasin de vrac (Locavrac) qui propose des lentilles bio cultivées à une trentaine de kilomètres, ce n’est pas beau la vie !

       Et pour ceux qui sont à la campagne, il y a même des camions itinérants de vrac qui existent comme celui-ci : Du Vrac dans le Bocal (bon, j’avoue, c’est une copine, mais je trouve son projet tellement génial !).

       Bref, il n’y a pas que le supermarché dans la vie !

Pour vous aider

Carte des magasins de vrac publiée par France Inter :  https://www.franceinter.fr/societe/exclusif-la-carte-des-epicerie-100-vrac

Défi Février sans supermarché lancé par le blog En vert et contre tout, avec en bas de page, une liste des groupes pour vous aider classée par pays et région :  https://envertetcontretout.ch/2020/01/12/4e-edition-du-defi-fevrier-sans-supermarche/

Pour en savoir plus

Mon article sur la provenance des produits :  https://crevette-diplomate.fr/dis-moi-dou-viennent-les-aliments-je-te-dirai-si-tu-te-trompes/

Sur le commerce mondial de la tomate qui résume bien le commerce mondial de l’alimentation et le problème de l’industrie agro-alimentaire :

Très intéressant car montre bien le lien entre l’industrie agro-alimentaire, le capitalisme et la mondialisation.

Que faire ?

Pour comparer les prix, si vous n’avez pas une bonne mémoire, allez au supermarché avec un carnet en notant le nom du produit, d’où il vient, son prix et le prix au kilo. Et faites de même en magasin bio. Cela vous donnera un bon aperçu. Si vous êtes un maniaque du classement (comme moi wink), vous pouvez même consacrer des pages spécifiques pour les produits laitiers, les légumineuses, les produits en vrac, les céréales, les légumes, etc.

Faites le marché pour avoir des produits frais, de qualité et moins cher.

Allez dans un magasin de produits locaux et/ou en vrac.

Enfin, poussez la porte d’un magasin bio : vous serez étonné du choix qu’il y a !

Et si c’est un magasin bio géré en coopérative (la plupart le sont), prenez une carte d’adhérent : souvent c’est une dizaine d’euros de cotisation, ce qui vous permet d’avoir des prix à un tarif plus avantageux. Et cet argent vous sera rendu si vous décidez de ne plus y aller.

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5 réactions au sujet de « Supermarché : les prix ne sont pas aussi bas »

  1. Un chouette article, que j’ai aussitôt partagé avec 3 copines! Et je viens de lire, pendant une demi-heure, je pense, d’après les liens : le Défi Février sans supermarché, avec le groupe fb de Lausanne, un article d’interview de participant.e.s de l’année dernière qui font leur bilan. Ca donne une impression de révolution en cours (en tout cas parmi une certaine communauté), comme vendredi 17 janvier, pendant la Manif pour le climat, à Lausanne aussi, où Greta Thunberg elle-même était venue! Ca bouge!

    1. Je te remercie Magali. Oui, n’hésite pas à partager car les gens aiment bien les conseils qui viennent du bouche-à-oreille ! J’ai le sentiment aussi que les choses bougent, même si cela ne suit pas au niveau politique, au moins de plus en plus de gens se rendent compte qu’il faut faire quelque chose !

  2. Article très intéressant ! A Paris, je trouve les magasins bio (Bio c bon, Naturalia) bien plus chers que les marques bio de supermarchés ! Mais le travail de noter et comparer les prix est intéressant pour se rendre vraiment compte des différences de prix et de constater, peut-être, qu’il n’y en pas tant que ça .. je vais aller faire mes courses avec mon ptit carnet 😉

    1. Je te remercie pour ton retour Charlotte ! En fait, cela dépend des magasins bio (où je vais à Quimper, c’est un indépendant !) car certaines chaînes de magasins bio sont chères. Par exemple, à Abbeville, dans la ville de mes parents, il y a Locavrac mais il y a aussi Naturéo où là, c’est plus cher que dans les supermarchés. Bref, ce n’est vraiment pas simple, et le meilleur moyen de s’y retrouver, c’est vraiment de comparer les prix et la qualité (goût, fabrication, provenance) des produits proposés.
      Du coup, je vais modifier mon article pour préciser qu’il faut faire attention avec certaines chaînes de magasins bio.

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