Covid-19 : quelles leçons à en tirer ?

Covid-19 : quelles leçons à en tirer ?

Je n’étais pas trop chaude pour écrire un article sur la pandémie,
mais au vu des circonstances actuelles, des informations distillées par les médias nationaux, des thèses farfelues parues sur internet et des décisions prises par le gouvernement français, j’ai décidé de faire un point sur cette épidémie.

Le covid-19, de son origine, sa propagation et sa transmission
est le symptôme de toutes les défaillances de notre société dite moderne.

Point qui est très long, car il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à dire,
je l’ai donc divisé en plusieurs articles.

Voici le premier qui traite de l’arrivée de ce coronavirus
et de sa propagation à travers le monde.
Et pour faire un peu d’aguichage wink, le sommaire des autres articles.

1re partie
L’arrivée du virus par la mondialisation et un mode de vie urbain

2e partie
L’installation d’une crise sanitaire et économique à cause des manquements de l’État

3e partie
La pandémie dévoile une lutte des classes toujours présente

4e partie
La pandémie révèle les travers sociaux de notre société

5e partie
La pandémie renforce la réflexion écologique actuelle de notre vie quotidienne

1re partie
L’arrivée du virus par la mondialisation
et un mode de vie urbain

 

 Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.
Chateaubriand

       La pandémie du covid-19, son arrivée, sa propagation et ses répercussions est un révélateur puissance 10000 de tout ce qui ne fonctionne pas dans la société actuelle, aussi bien française que mondiale. En effet, il ne faut pas oublier que la toute première cause de cette pandémie est la mondialisation avec tous ces travers, ce sont ces multiples facteurs mondiaux qui ont permis la mutation du virus en covid-19 et surtout sa propagation à une vitesse hallucinante.

Le bouleversement de la biodiversité

       Comme tout le monde le sait ou presque, l’épidémie a démarré par un homme mangeant un pangolin qui avait lui-même mangé des déjections de chauve-souris atteinte du virus, qui s’est ainsi muté en covid-19 en passant à travers différentes espèces. Pour que ce Chinois mange ce pangolin, il a fallu le tuer. Mais comme c’est un animal protégé, il a fallu surtout le braconner, et c’est là que la première cause de la pandémie montre une défectuosité de notre société : tuer des animaux qui sont en voie de disparition ! Le pangolin est l’animal le plus braconné de la planète[1] !

   Je ne comprends même pas comment peut-on encore tuer des animaux qui risquent de s’éteindre ?! Sans parler de biodiversité, le manque de vision à long terme des braconniers me sidère : s’ils tuent tout, ils n’auront un moment plus rien à tuer ! Malgré un braconnage toujours intense, tous les États ou presque ne luttent pas assez contre. Et même en France, comme le montre Cannelle, la dernière ourse des Pyrénées, tuée en 2004 alors qu’elle avait un ourson !

       Ensuite, ce Chinois a dû se procurer le pangolin. Et là, nous arrivons dans les marchés asiatiques où toutes sortes d’animaux se côtoient aussi bien les sauvages que les domestiques avec des risques énormes de transmission pour des espèces qui ne sont habituellement pas en contact dans leur milieu naturel. L’autre particularité des marchés asiatiques est que la plupart des animaux sont vendus vivants, mais dans des conditions qui laissent à désirer (manque d’eau, petites cages, promiscuité…) [2], donc des animaux fragilisés qui sont alors plus sensibles aux virus.

L’utilité du végétarisme

Cette pandémie fait réfléchir à notre consommation de viande puisque le virus s’est transmis de cette manière à l’être humain. Et toutes les dernières grandes épidémies ou épizooties de la fin du XXe et début XXIe siècle ont ce même démarrage : ingestion par l’homme de viande contaminée, parfois via une autre espèce animale. Si, aujourd’hui encore, la consommation de viande semble primordiale, il ne faut pas oublier que pour consommer de la viande, celle-ci doit être saine. Ce qui explique les différents tabous dans les religions sur la viande (l’exemple connu du porc chez les juifs et les musulmans car c’est une viande très difficile à conserver dans les pays chauds). De même, à la campagne, on apprend qu’il ne faut jamais manger de la viande d’un animal malade ou mort de sa belle mort (mort par lui-même). Manger une viande animale comporte des risques si l’on n’est pas certain de la provenance de la viande et de sa qualité.

Mais, le pire, par rapport aux plantes est que si une espèce animale ou humaine attrape un virus ou autre, elle le transmet aux autres membres de son espèce. Alors que si vous mangez une plante toxique, vous avez une bonne indigestion, voire vous mourrez ; mais sans transmettre le facteur malade aux membres de votre espèce.

       Puis, en mangeant le pangolin, ce Chinois a sans le savoir, fait muter le virus qui avait déjà infecté ce mammifère. Pour que celui-ci ingère les crottes de chauve-souris qui le rendront malade, il a fallu que ces deux animaux, inhabituellement en contact, le soit. Et là, les activités humaines peuvent être remerciées car en détruisant des forêts (sur la déforestation, mon article en cliquant ici), elles détruisent les habitats naturels de certaines espèces de faune et flore comme la chauve-souris qui, si elle ne disparaît pas[3], doit se rabattre dans les villes ou pire dans les élevages industriels où elle se retrouve avec des animaux domestiques (porc, bovin ou volaille) qu’elle infecte ensuite indirectement à travers ses déjections. Et bien sûr, plus les élevages industriels sont immenses, plus la contamination est forte (un des foyers de la grippe porcine de 2009-2010, H1NI, était un élevage mexicain de 40 000 porcs et 500 000 porcelets[4] !) Ainsi, ce n’est pas le pangolin infecté par une chauve-souris qui est en cause mais bien les activités humaines trop intenses, dont l’élevage industriel, qui sont la première cause de la pandémie. Ce qui explique pourquoi où, dans certains pays d’Afrique, la consommation de pangolin est assez courante, il n’y a jamais eu de malade provoquant une épidémie. Deux raisons majeures : l’élevage industriel n’est pas aussi répandu en Afrique qu’en Chine, et surtout l’urbanisation et la densité de population n’est en rien comparable à la Chine.

L’élevage industriel un des premiers facteurs des zoonoses

Une zoonose est une maladie qui se transmet des animaux à l’homme et vice-versa, comme dans le cas du covid-19. Il est maintenant prouvé que l’élevage industriel agit sur l’augmentation constante de ce type d’épidémies : vache folle, Sras, grippe porcine, grippe aviaire. Maintenant, chaque décennie a à faire face à plusieurs épidémies. À chaque fois, l’infection est partie ou s’est développée d’un élevage industriel.

Mais comme si cela ne suffisait pas, c’est aussi la construction d’un élevage industriel qui augmente le risque d’épidémies en diminuant la biodiversité du lieu. En effet, le bâtiment est construit sur des terres, des forêts sont abattues pour mettre en place des cultures de soja ou de maïs pour nourrir ce bétail. Et la destruction de ces forêts fait baisser la biodiversité qui se régulait d’elle-même.

Graphique qui montre les différentes étapes d’une épidémie,
et surtout comment un virus peut passer à travers différentes espèces
grâce à l’hôte intermédiaire, qui est le pangolin dans le cas du covid-19.
(Source Institut Pasteur, graphique AFP)

Les ravages de la mondialisation

       Ce Chinois de la province de Wuhan, en mangeant du pangolin, a ainsi sans le savoir contracté le virus. Mais si la maladie s’est si rapidement propagée au point que les autorités ont été dépassées, outre son caractère important de contagiosité, c’est le mode de vie de nos sociétés industrialisées qui en est aussi la cause. En effet, beaucoup de Chinois travaillent à l’usine, mais vivent aussi dans l’usine. Certaines usines sont de véritables petites villes où les ouvriers vivent, mangent et dorment, le plus souvent dans des dortoirs[5]. Cette promiscuité favorise évidemment la propagation d’un virus. Et si ces villes-usines ont pu éclore et être aussi gigantesques (Wuhan est considérée comme une petite ville… avec 11 millions d’habitants[6] !), c’est avant tout à cause de la mondialisation et de la désindustrialisation des pays occidentaux. Cette délocalisation massive a été permise par nos gouvernants des trente dernières années à coup de lois, déductions fiscales, etc. avec le pendant du chômage et tous les problèmes qui en découlent (baisse des salaires, du pouvoir d’achat, etc.).

Captures d’écran du reportage d’Envoyé Spécial
sur l’usine chinoise Foxconn (sous-traitant d’Apple).

Ici, un dortoir masculin à gauche, et un féminin à droite.
Remarquez le manque de place pour ranger ses affaires, la faible épaisseur du matelas.
Ces conditions de vie sont d’autant plus spartiates
que les ouvriers vivent presque l’année entière dans l’usine.

       Pour que cette épidémie démarrée en Chine devienne une pandémie, il a fallu que le virus traverse la moitié de la Terre. Et là, facile, il avait deux voies : le commerce ou le tourisme. En effet, Wuhan est la ville chinoise où se trouve beaucoup d’entreprises françaises comme PSA, L’Oréal, Pernod Ricard[7], etc. Il suffit donc qu’un de ces cadres ait contracté le virus lors d’un déplacement professionnel, puis soit revenu en France pour que le virus arrive en France. Là, encore, c’est la mondialisation qui est à l’œuvre dans la propagation de l’épidémie. Que des entreprises françaises travaillent en Chine, pourquoi pas. Que leurs cadres s’y installent, pourquoi pas non plus. Mais que leurs cadres passent leur temps à faire des allers-retours France-Chine, non ! Déjà, cela augmente le trafic aérien, alors qu’il est l’un des plus gros pollueurs de la planète, et surtout cela entraîne une mondialisation à deux vitesses : les cadres des entreprises françaises ont le droit de rester salariés dans l’entreprise, mais non les ouvriers ! Cette inégalité de traitement m’insupporte.

      L’autre voie de propagation est celle du tourisme. Et là, encore très facile pour un virus de se propager. Les premiers Italiens infectés par le covid-19 l’ont été à cause d’un couple de touristes chinois visitant le pays. Deux personnes seulement infectant plusieurs régions entières de l’Italie avec un nombre de morts impressionnant pour un pays occidental au XXIsiècle ! Et de là, la pandémie s’est propagée à toute l’Europe à travers les déplacements des touristes aussi bien italiens que français ou autres européens, mais aussi via les transfrontaliers. Je ne suis pas contre le tourisme (loin de là, je suis la première à adorer visiter de nouvelles régions), mais ce vecteur de la pandémie pose question. L’être humain est-il habilité pour voyager autant ? Pour voyager sûrement, mais sans doute pas pour faire des allers-retours aussi rapidement (une dizaine de jours) sur d’aussi grandes distances. Avec nos transports modernes, la distance n’est plus une barrière contre les maladies. Pire, elle se révèle vectorielle.

La propagation du virus par l’Armée française ?

Nous en avons à peine entendu parler, mais l’Armée a sans doute joué aussi un rôle dans la propagation du covid-19 en France. Ceci est à prendre avec des pincettes, mais quand trois conjonctures se répètent, celle ne s’appelle plus des coïncidences.

Début de l’épidémie
Beaucoup de cas dans l’Oise, notamment près de la base militaire de Creil… D’où viennent les militaires qui ont été cherchés les Français à Wuhan… D’après Le Parisien, ils n’auraient pas été mis en quarantaine à leur retour[*].

Début avril
Le porte-avions Charles-de-Gaulle est totalement infecté : au 21 avril, il y a plus de 1000 marins contaminés[**] ! C’est la moitié de l’équipage, pourtant jeune !

Mi-avril
Des membres de la DGSI seraient touchés par le covid-19 révèle Le Canard enchaîné[***] créant une peur parmi les agents (vivent en vase clos).

Malgré l’étrangeté d’autant de contaminations au sein de l’Armée,
celle-ci « ne se l’explique pas »…

  
[*] https://actu.orange.fr/france/coronavirus-le-patient-zero-identifie-dans-l-oise-magic-CNT000001o6UQz.html
[**] https://www.ladepeche.fr/2020/04/17/coronavirus-au-moins-940-marins-positifs-sur-le-charles-de-gaulle-et-son-escorte,8851295.php
[***] https://actu.fr/ile-de-france/levallois-perret_92044/coronavirus-membres-la-dgsi-seraient-touches-par-covid-19_33031352.html et https://www.nantes-revoltee.com/est-ce-que-la-police-politique-va-bien/

L’urbanisation à outrance

       Un des derniers facteurs, et non l’un des moindres : la concentration de l’être humain sur aussi peu d’espaces. Cette pandémie et sa propagation exponentielle interroge également sur notre mode de vie, et surtout sur le fait de vouloir mettre autant de monde dans des grandes villes (le rêve de nos gouvernants : voir mon article à ce sujet). Car bien sûr, avec autant de personnes sur si peu d’espaces, IMPOSSIBLE de ne pas rencontrer un être humain. Et en vivant aussi serrés, le virus a davantage de chances de se transmettre.

       Sans parler du fait, que les villes ne sont pas les endroits les plus propres : cage d’escalier rarement nettoyée tous les jours (rampe d’escalier = nid à microbes), repas pris en collectivité (cantine ou restaurant), etc. le fait de vivre en ville favorise grandement la promiscuité, sans oublier les transports en commun qui sont un autre facteur important. Je suis totalement pour les transports en commun, mais disons que certains laissent à désirer pour leur propreté. Je pense notamment au métro parisien et RER qui ne sont nettoyés qu’une fois par jour alors qu’ils transportent des milliers de personnes. Les bus quimpérois ont la même fréquence de nettoyage, alors qu’ils transportent beaucoup moins de monde ! Et même pendant la pandémie, la RATP n’a pas jugé opportun d’augmenter la fréquence de nettoyage[8], comme cela s’est fait pour le métro romain qui, depuis l’installation de la pandémie en Italie, est nettoyé à chaque fin de parcours.

            En outre, l’urbanisation à outrance a entraîné la destruction d’un nombre d’habitats naturels ou de zones humides qui permettaient une plus grande biodiversité. Et avec l’émergence des zones commerciales, le phénomène s’est amplifié ces vingt dernières années (sur le désastre écologique et économique de ces zones, mon article en cliquant ici !). À l’échelle planétaire, nous avons perdu 90 % de zones humides en un peu plus d’un siècle et demi[9] !!! C’est gigantesque comme perte ! Cette biodiversité permettait de réguler naturellement les virus, mais aussi d’éviter que des espèces sauvages se rapprochent des espèces humaines et domestiquées alors que nous ne sommes pas immunisés contre leur virus.

Les guichets automatiques de la SNCF.
Imaginez le nombre de personnes qui les utilisent
sans que ces machines soient nettoyées…

       L’urbanisation à outrance a aussi une conséquence indirecte : la mauvaise qualité de l’air intérieur comme extérieur. Et cette mauvaise qualité de l’air est un facteur important de propagation du virus. Ces vingt dernières années ont vu l’émergence de la climatisation presque partout : dans les immeubles de bureau, les transports, les restaurants, le cinéma, et même de plus en plus dans les maisons particulières. Si la climatisation peut paraître agréable, il ne faut pas oublier que l’air est filtré, et cet air filtré est repris pour moitié du lieu fermé. Donc, si la filtration n’est pas optimum, les virus peuvent rester et continuer à contaminer les personnes. Pour le covid-19, il vient d’être prouvé que beaucoup de Chinois se sont contaminés de cette façon[10]. Ce qui explique aussi que malgré le confinement et la mise en place des gestes-barrières, autant de nouveaux cas se déclarent encore.

       Il en est de même avec la pollution de l’air qui, en ville, est due au trafic routier et aux industries. Si pour l’instant, rien n’est prouvé avec le covid‑19, il y a de fortes suspicions qu’il y a ait un lien entre pollution de l’air et infection. En effet, cela a été prouvé pour le Sras et les virus de la bronchiolite[11]. La pollution se compose de diverses particules fines qui servent de transport à ces virus, quelquefois sur plusieurs kilomètres selon le vent, sans oublier que ces particules fines rendent la population plus fragile. C’est pourquoi pour l’instant, les régions les plus touchées sont les régions industrielles, qui sont par définition davantage polluées : Wuhan, Nord de l’Italie, Nord-Picardie, l’Est et Paris. Ce n’est pas bien sûr l’une des seules raisons puisque ces régions sont aussi bien denses !

Cartes de l’Agence spatiale européenne qui montre la chute de la pollution de l’Europe
pendant la pandémie[12].

Observez sur la carte de gauche que les régions les plus polluées
correspondent à celles où le covid-19 a été le plus fort.

Un mode de vie urbain plus propice aux virus

       Enfin, une des conséquences de l’urbanisation est le changement de mode de vie qui lui aussi est plus propice aux virus. En effet, quand nous vivons en ville, nous sortons davantage dans des lieux publics remplis de monde alors qu’à la campagne le nombre de gens est plus restreint. En ville, tout est plus grand : les cinémas, les restaurants, les bars, les salles de spectacle, les terrains de sport… De facto, qui dit plus grand, dit plus de monde. Et dans ces lieux, la promiscuité est souvent grande, donc un virus a bien le temps de se propager à travers plusieurs personnes, qui elles-mêmes contamineront d’autres personnes en se rendant dans un autre lieu bondé de monde !

       D’autre part, l’automatisation à outrance, qui se trouve peu à la campagne, et contre laquelle nos gouvernants n’ont rien fait, malgré la montée du chômage galopante, se trouve être aussi un vecteur de maladie ! En effet, les caisses et guichets automatiques peuvent être vues comme pratiques (je n’ai toujours pas compris comment puisque je fais le travail de quelqu’un d’autre en les utilisant (mon article à ce sujet en cliquant ici)). Pourtant, ils se révèlent un vrai nid à microbes puisqu’il y a je ne sais combien de personnes par jour qui les utilisent. Encore les guichets qui sont à l’intérieur des gares ou de La Poste, je suppose qu’ils sont nettoyés au moins une fois par jour (j’espère), mais ceux à l’extérieur comme ceux des banques ou des péages à l’autoroute ? D’après mes sources, ils ne sont jamais nettoyés ou vraiment exceptionnellement.

       C’est comme les supermarchés avec leurs caddies ! Si aujourd’hui, cela semble normal de faire ses courses au supermarché avec un caddie, il ne faut pas oublier que ceux-ci n’existent que depuis une soixantaine d’années. Auparavant, les gens qui faisaient leurs courses au marché avaient leur panier à eux. Pensez aux chariots à roulette de nos grands-mères. Et comme les distributeurs automatiques, les caddies sont très utilisés, mais sont très peu nettoyés. D’après mes sources de différentes chaînes de supermarché, ils sont seulement vidés des papiers ou autres qui traînent dans le panier. En sachant qu’en plus, les enfants, vecteurs de maladie, sont assis et touchent la barre où nos mains se placent pour pousser le caddie, je vous laisse imaginer le nombre de microbes qu’il peut y avoir sur une barre de caddie ! Même si le caddie est pratique, cette façon de faire des courses liée à une énorme urbanisation donne une voie royale pour un virus de se propager ! Notre mode de vie des quarante dernières années a donc permis l’installation du virus dans notre environnement à une vitesse prodigieuse.

       Cette pandémie nous fait donc payer les stigmates de la mondialisation et de l’urbanisation. Si elle a été aussi foudroyante à tous points de vue (rapidité, propagation, létalité), c’est à cause de circonstances multi-factorielles dont l’être humain est à l’origine : destruction de biodiversité, flux de transports mondiaux et urbanisation à outrance. Mais le problème est que ce n’est pas nous qui avons décidé de la mondialisation (ni de l’urbanisation). En effet, ce sont nos gouvernants, sans rien nous demander. Car, je suis sûre, que si un référendum était tenu avec comme question : « Êtes-vous pour la délocalisation de vos usines même si cela vous donne des produits moins chers ? » ; beaucoup de personnes répondront par la négative, car nous savons très bien que ce sont nos emplois qui en dépendent… et maintenant notre santé ! Et pour ne rien arranger, les politiques publiques des trente dernières années ont aggravé cette pandémie en la transformant en crise sanitaire et économique.

À SUIVRE
L’installation d’une crise sanitaire et économique
à cause des manquements de l’État

NOTES DE BAS DE PAGE

[1] https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/29/les-pangolins-mammiferes-les-plus-braconnes-au-monde-desormais-proteges_5993453_3244.html

[2] https://www.huffingtonpost.fr/entry/pourquoi-les-coronavirus-emergent-ils-souvent-dans-des-marches-chinois_fr_5e26fad0c5b632117619b8ef

[3] https://www.liberation.fr/futurs/2017/08/25/en-france-le-crepuscule-des-chauves-souris_1591435

[4] https://www.liberation.fr/planete/2009/05/02/la-gloria-le-village-mexicain-d-ou-tout-serait-parti_555730

[5] Pour voir à quoi ressemble les dortoirs dans une usine chinoise, visionnez les deux premières minutes de ce reportage d’Envoyé spécial sur l’usine Foxconn (sous-traitante pour Apple) : https://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/video-foxconn-ou-l-envers-du-decors-des-usines-apple-en-chine_186935.html
Pour voir le reportage en entier : https://www.dailymotion.com/video/xwa1rm à partir de la 5e minute.
Pour voir à quoi ressemble une ville-usine, c’est à la 11e minute.

[6] https://laviedesidees.fr/Wuhan-vivre-et-survivre.html

[7] https://www.francetvinfo.fr/monde/asie/pourquoi-wuhan-est-la-plus-francaise-des-villes-chinoises_474098.html

[8] https://www.ratp.fr/node/1981

[9] https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/zones-humides-avis-de-secheresse-0

[10] https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/04/20/covid-19-contamination-en-chaine-dans-un-restaurant-chinois-climatise/

[11] https://strasbourgrespire.fr/2020/03/epandages-et-virus/

[12] https://www.esa.int/Space_in_Member_States/France/Le_confinement_lie_au_coronavirus_entraine_une_chute_de_la_pollution_a_travers_l_Europe

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4 réactions au sujet de « Covid-19 : quelles leçons à en tirer ? »

  1. Merci pour cet article très instructif ! Je ne regarderais plus les péages d’autoroute du même oeil… C’est drôle aussi que tu parles des cabas et caddies car un magasin me proposais récemment d’utiliser ses caddies, et je me suis fait la même réflexion que toi, que c’était moins propre ^^ de toute façon, je pense que cette pandémie va me rendre beaucoup plus “parano” sur l’hygiène.
    Et merci aussi de souligner l’absurdité de ces situations ou les gens font des allers-retours entre différents pays à des milliers de km de distance ! En tant que citadine, je me rends compte que les attraits de la ville disparaissent complètement une fois confinée… Mais j’habite en ville principalement pour les transports en commun. C’est un vrai casse-tête.

    1. Bonjour Lucile,

      désolé de t’avoir rendue encore plus parano 😉 ! De toute façon si on veut continuer à vivre de cette façon aussi concentrés, il va falloir qu’on acquiert la culture du masque.
      Et oui, ville ou campagne, c’est le dilemme de beaucoup d’écolos. Perso, je préfère la campagne, mais comme tu dis, il y a le problème du transport. J’habite donc en ville, pas loin de la gare afin de pouvoir me déplacer en transport plus facilement. Mais pour résoudre ce dilemme, je pense que le problème est beaucoup plus global : il faut qu’on arrête de centraliser les emplois dans les grandes villes et que les pouvoirs publics soutiennent le transport ferroviaire dans les gares de campagne. J’ai écrit un article à ce sujet si cela t’intéresse : https://crevette-diplomate.fr/diminuer-trafic-automobile-grace-au-train/.

  2. Un article convaincant, qui m’a notamment fait découvrir les villes-usines chinoises (c’est encore pire que ce que je savais avec “No logo” de Naomi Klein, qui date maintenant, merci pour les liens avec le reportage). Un article qui m’a fait réfléchir sur plusieurs aspects auxquels je n’avais pas pensés (pollution de l’air, lien avec le manque de biodiversité). Mais ce qui est sûr, c’est qu’effectivement, cela fait encore des arguments de plus contre la mondialisation et l’élevage industriel.
    Vivement les prochains épisodes, enfin, articles!
    Magali

    1. Merci Magali.
      Oui, le reportage est terrifiant ! Quand je pense qu’ils prennent aussi des stagiaires et qu’on voit le prix que nous payons un téléphone !
      Normalement, les prochains épisodes arriveront tous les 2-3 jours !

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