Covid-19 : quelles leçons à en tirer ? (5e partie, fin)

Covid-19 : quelles leçons à en tirer ? (5e partie, fin)

Pour retrouver la 4e partie
La pandémie révèle les travers sociaux de notre société
cliquez ici.

5e partie
La pandémie renforce
la réflexion écologique actuelle
de notre vie quotidienne

 

À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence,
on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.
Edgar Morin

       La crise sanitaire et économique est bel et bien là. Comme toute crise, elle réveille les fractures d’une société de classes, validiste, raciste et machiste. Mais la crise arrive au moment où la remise en cause du système capitaliste et étatique est de plus en plus forte, où la vie quotidienne est réinterrogée sur notre façon de vivre, de se nourrir, de se déplacer, de consommer, de notre place dans l’environnement, auprès des plantes, des animaux. Cette crise, en pointant les failles du système et de la société, exacerbe toutes ces interrogations écologistes.

L’alimentation, la base d’une vie humaine et d’une société

       Beaucoup d’écologistes prônent le retour à une alimentation biologique ET locale. S’il est difficile de faire entièrement local, surtout pour les fruits exotiques, en France, nous avons la chance d’avoir de multiples climats. Pourtant, la France importe la moitié de ses fruits et légumes[1] !!! Oui, oui, vous avez bien lu, la MOITIÉ ! Dans un des premiers pays agricoles au monde ! Même moi, je ne pensais pas autant ! Cherchez l’erreur ! La peur des étals vides pendant la crise due au covid-19 a ainsi mis le doigt sur la faille de ce système : plus c’est loin, plus c’est compliqué à faire venir car beaucoup d’acteurs transfrontaliers rentrent en jeu. Que se serait-il passé si les frontières avaient fermé pour le commerce aussi ? S’il y avait eu une pénurie d’essence ? Sans parler de certains pays qui ont décide de ne plus exporter et de conserver leur nourriture pour eux comme la Russie[2] qui est un des greniers à grains de l’Europe !

       L’autre problème qui a été révélé par la fermeture des frontières pour les personnes est l’importance de la main-d’œuvre immigrée dans l’agriculture française ! À tel point que le gouvernement a lancé une plate-forme pour que les gens étant au chômage partiel pendant la crise aillent aider les agriculteurs. L’agriculture française aurait eu besoin sur les trois premiers mois de la crise de 200 000 saisonniers[3] !!! Mais ce que cette plate-forme ne dit pas, c’est que c’est surtout l’agriculture intensive qui a un énorme besoin de main-d’œuvre et que c’est elle qui exploite avant tout les travailleurs étrangers. Exploiter est bien le terme puisqu’ils ne sont pas payés autant qu’un travailleur français (alors qu’ils vivent en France le temps de la récolte…). En revanche, ce problème ne se pose pas du tout dans les petites et moyennes exploitations à taille familiale et les exploitations d’agriculture biologique. Ce type de ferme étant à taille humaine, la famille et quelques ouvriers agricoles suffisent pour y travailler, alors que les fermes intensives sont composées de tellement d’hectares qu’elles ont besoin de beaucoup de main-d’œuvre, et comme la main-d’œuvre française est toujours vue comme trop chère, celle-ci n’est pas embauchée au détriment de la main-d’œuvre étrangère. Ainsi 80 % de la main-d’œuvre agricole en France est d’origine étrangère[4] !!!

Les circuits de distribution, de plus en plus long

       Par ailleurs, un nouveau chiffre est apparu pour les villes : celui de l’autonomie alimentaire. Et là, les villes n’ont que quelques jours d’autonomie au niveau alimentaire !!! Trois jours seulement pour Paris (sans compter les rats undecided !). Ainsi, à avoir voulu éloigner la campagne de la ville, à favoriser les grosses exploitations à coup d’aides et de subventions, l’État et les politiques publiques ont oublié notre autonomie alimentaire. Et encore une fois, sans nous poser la question, à nous, citoyens, de ce que nous souhaitons réellement comme société.

       De même, à concentrer les gens dans des appartements, pourquoi pas, mais donnons leur de quoi faire un bout de jardin soit en rendant obligatoire les balcons pour tous les nouveaux appartements (ce qui, à mon avis, ne serait pas du luxe pour le confort de vie), soit en augmentant la part dédié aux jardins familiaux. Cela peut paraître dérisoire, mais si chacun cultivait quelques salades et radis sur 25 millions de foyers, cela baisserait significativement la pression agricole, sans oublier que la proportion de fleurs augmenterait ce qui permettrait de mieux nourrir et protéger les pollinisateurs (et sans eux, nous pouvons dire adieu aux récoltes).

Chaine distribution alimentaire intermédiaire

Capture d’écran du compte Instagram get.waste.ed.
Je m’excuse pour cette image en anglais, mais je l’ai trouvée très pertinente
pour expliquer que l’augmentation des intermédiaires dans la distribution alimentaire

augmente également la distance entre le lieu où la nourriture pousse
et où celle-ci sera mangée.

       Les circuits de distribution posent donc problème. Et comme ceux-ci se rallongent d’année en année en augmentant le nombre d’intermédiaires, mais en n’augmentant pas le coût final (ou peu) pour le consommateur, plusieurs problèmes se posent. D’abord, au niveau du prix, pour que le consommateur paye toujours à peu près la même chose, il est tiré vers le bas pour les intermédiaires (par exemple avec les transporteurs qui sont de plus en plus des travailleurs étrangers) mais aussi les producteurs. Pour qu’un producteur puisse rentrer dans ses frais, le choix le plus simple qui s’offre à lui est de produire toujours plus (pas toujours évident avec une météo de plus en plus changeante) ou de jouer sur le coût de la main-d’œuvre. Coucou les travailleurs étrangers qui coûtent moins cher !

       L’autre problème des circuits de distribution à rallonge est leur manque de souplesse en cas de crise ! Le meilleur exemple actuel est celui des pommes de terre. En effet, je ne comprenais pas pourquoi la France avait un énorme stock de pommes de terre à écouler (500 000 tonnes rien qu’en Nord-Picardie[5] !) alors que les maraîchers et cultivateurs de mon entourage breton et picard avaient été dévalisés. Avec le chômage partiel, le télétravail et les enfants à la maison, les gens mangent donc chez eux et non plus en restauration (privée ou collective) le midi. La demande de la restauration aurait donc dû se déporter vers celle du particulier. Mais à cause d’un circuit de distribution complexe et d’une spécialisation à outrance de l’agriculture (un des principes de l’agriculture intensive), cette demande, en réalité, ne s’est pas déportée. En effet, peu de gens le savent mais la majorité des pommes de terre prévues pour la restauration sont des pommes de terre spécialement conçues pour faire des frites surgelées. Les cultivateurs les vendent ensuite au principal acheteur en France : McCain, pour que celui-ci les transforme ensuite en produits surgelés. Et si le poids de McCain est indéniable dans l’alimentation privée, son principal chiffres d’affaires est pour la restauration collective (Mc Donald’s notamment)[6]. À cause d’une trop grande spécialisation et d’une distribution trop complexe, nous avons, en pleine crise, un manque de nourriture d’un côté, mais un trop-plein de l’autre. Cela révèle bien que les grandes exploitations agricoles ne sont pas un bon modèle, si elles ne sont pas capables de supporter une crise !

L’enjeu écologique du local contre une mondialisation effrénée

       La crise a également démontré que choisir délibérément de produire à l’autre bout de la planète est un mauvais choix écologique, bien sûr, mais aussi stratégique. La France s’est retrouvée ainsi en pénurie de masques, de médicaments, de tests, de préservatifs,… À ne plus vouloir conserver l’outil industriel sur place, c’est comme pour l’alimentation, en cas de crise, cela est très problématique puisque nous n’avons plus accès à rien. Et le pire est que les autres pays nous font payer très cher des produits que nous aurions payés un prix moindre même en payant des salaires français (qui, rappelons-le, au niveau écologique, ne sont pas si chers que cela !) ! Comme pour l’alimentation, que ce serait-il passé si les frontières pour le commerce avaient fermé ?! Cela aurait été encore pire, nous nous serions retrouvés sans masque, sans médicaments, sans rien !

       Choisir ainsi de produire français permet donc d’améliorer le bilan carbone de la planète mais aussi notre propre sécurité, et même mieux notre souveraineté (qui implique la notion d’indépendance totale vis-à-vis des autres pays). Nous l’oublions trop souvent, mais dans une majorité de secteurs, il est important d’être indépendant ! Par exemple, pour le textile, nous ne le sommes plus du tout. Pourtant, sous nos latitudes, les vêtements sont un besoin de première nécessité : pour l’avoir expérimenter cet hiver, avoir tout le temps froid est un calvaire ! En tuant l’industrie textile française, ce sont nos besoins vestimentaires de tous les jours que nous étouffons ! Et cela met des années à revenir, car nous perdons les machines, et surtout les savoirs ! Pour avoir travaillé en usine, les savoirs sont très importants (et pas qu’en usine). Où je travaillais, c’était toujours les personnes les plus anciennes dans l’entreprise qui formaient les plus jeunes sur les pièces les plus techniques, car eux ont le coup de main, eux savent tout de suite quand cela ne va pas, eux comprennent immédiatement le problème car ils en ont rencontré pendant des années ! Bref, ce savoir-là est précieux ! Et dans tous les types d’industries, il est primordial car chaque matière réagit différemment, et des années d’apprentissage aident à comprendre celle-ci.

 

La remise en cause de nos déplacements et de la place de la voiture

       Si les écologistes critiquent la mondialisation avec des transports inutiles alors que nous pouvons produire sur place, nos déplacements en tant que touriste posent également question. Le tourisme a été l’un des premiers vecteurs de propagation du virus. Les écologistes dénoncent les voyages en avion à cause du bilan carbone désastreux, mais maintenant se pose aussi la question sanitaire.

       Les déplacements quotidiens sont pareillement dans leur ligne de mire, avec raison puisque le confinement pendant la crise avec la recommandation du télétravail a permis une amélioration impressionnante de la qualité de l’air, chiffres qui ne s’étaient pas vus depuis 40 ans[7] ! Ce confinement et la première phase de déconfinement interrogent donc notre mode de vie. Pour enrayer le covid‑19, il vaut mieux que nous prenions notre voiture particulière pour aller au travail ; mais pour la qualité de l’air et de nos poumons, il vaut mieux privilégier les transports en commun. Dilemme qui pose le problème que nous habitons de plus en plus loin de nos emplois. Et le vrai problème est là. Si nous habitions tous à quelques kilomètres de nos emplois, il n’y aurait pas de problème, nous pourrions y aller à pied, en vélo ou même prendre les transports en commun un court laps de temps. Comme le trajet serait plus court, il y aurait moins de risque de transmettre un virus. En encourageant le vélo, certains écologistes souhaitent donc enrayer cette dynamique actuelle d’habiter toujours plus loin de son lieu de travail. Mais là, pour résoudre ce problème, c’est une politique globale de logement (je ferai un article à ce sujet un jour) qu’il faut revoir, mais aussi le problème de la centralisation et régler le problème des campagnes ! Bref, avoir une vraie politique territoriale !

Pourquoi nous habitons de plus en plus loin de nos emplois ?

  • De moins en moins d’emplois à la campagne et dans les villes moyennes, suite aux différentes fermetures d’industries mais aussi d’organismes publics (Sécu, Trésor public…).
    (Mon article à ce sujet, cliquez ici)
  • Une pression sur le prix du logement de plus en plus forte dans les métropoles, là où il y a encore du travail, donc arrivée massive de personnes qu’il faut loger.
  • Augmentation du nombre d’étudiants dans les mêmes métropoles sans construction de parc immobilier destiné aux étudiants (article à venir un jour).
  • Stagnation des salaires depuis presque 20 ans alors que les loyers ont augmenté fortement : de moins en moins de personnes peuvent se payer un logement au plus près de leur travail.
  • Le travail salarié des femmes (je n’aime pas dire cela, mais c’est aussi une donnée importante) : il est de plus en plus difficile pour un couple de trouver deux emplois au même endroit.

       Le confinement a, en outre, révélé la place prépondérante de la voiture dans l’organisation du territoire, mais surtout de sa vacuité ! En effet, comme il y a beaucoup moins de circulation, beaucoup de routes se retrouvent vides, toutes ces routes empiètent donc sur de l’espace naturel pour rien ! Et pire que les routes (car il faut quand même se déplacer), ce sont les parkings. Là, c’est vraiment de la place perdue ! Pendant que les gens ont besoin de parcs près de chez eux pour pouvoir s’aérer l’esprit, d’autant plus pour ceux qui habitent dans des petits logements, des parkings goudronnés se retrouvent vides la nuit, et maintenant vides la journée ! Et en plus, en étant goudronnés ou bétonnés, l’eau a moins d’espace pour s’évacuer correctement ! Les politiques urbaines ont mis en avant la voiture au détriment d’espaces verts (je l’évoque aussi dans cet article) mais la crise actuelle révèle que ce choix n’est pas des plus judicieux.

Les parkings : de la place prise bêtement.

Parking bien vide de l’hôpital Laënnec à Quimper,
photo prise le 9 mai 2020 pendant le confinement.

Imaginez le nombre de logements qu’il pourrait y avoir, ou d’espaces verts
à la place d’un parking utilisé, en temps normal, que la moitié du temps.

Le zéro déchet : la solution au traitement des déchets
et à la pénurie de produits ménagers

       La crise a mis en avant l’importance d’une autre influence écologiste : le zéro déchet. Si le zéro déchet paraît une évidence pour beaucoup, la crise a montré que ce n’était pas du tout anecdotique. En effet, quand plusieurs communes ont décidé de stopper le ramassage des ordures ménagères pendant le confinement, ceux qui étaient au zéro déchet n’étaient pas impactés puisqu’ils n’ont presque pas d’ordures ménagères. Le zéro déchet avec cette crise nous rappelle que les déchets ne disparaissent pas par magie quand nous les mettons à la poubelle (surtout ceux plastiques), mais qu’il y a tout un processus humain, matériel et énergétique pour les faire réellement disparaître (et encore, est-ce que la fumée avec ce qu’elle contient en gaz et particules est vraiment une disparition !?). Le zéro déchet répond donc à ces questions en ne créant pas de déchet, et sa devise en ces temps de crise est toujours pertinente : « Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas ».

       L’autre avantage du zéro déchet est quand des gens couraient au supermarché faire le plein d’essuie-tout, de papier toilette, de mouchoirs en papier, de produits ménagers, cosmétiques, etc. avec le zéro déchet, aucun de ces problèmes puisque tout est réutilisable, et les personnes adeptes du zéro déchet font elles-mêmes leurs produits ménagers et cosmétiques ! Donc aucun problème d’approvisionnement puisque la base de ces produits est basique, souvent en gros contenant et facilement trouvable.

 

       La crise due au covid-19 montre ainsi que les interrogations des écologistes sur notre alimentation et sur l’agriculture intensive, leur questionnement sur la vie quotidienne avec le gaspillage des ressources et nos modes de déplacements sont tout à fait valables et montrent leur pertinence en ces temps de crise mais également sur l’arrivée de celle-ci qui est due ne l’oublions pas au braconnage et à la déforestation.

 

CONCLUSION

       Cela fait plus de six mois que le coronavirus est apparu, la crise sanitaire est arrivée, suivie d’une crise économique, qui sera peut-être suivie d’une crise alimentaire… Le tout en révélant les failles de la société française encore imprégnée de racisme, machisme et validisme, le tout sur fond de lutte des classes. Mais ce que cette crise a surtout révélé, c’est l’entraide et la solidarité exceptionnelle qui ont permis de pallier les manques de l’État. Ainsi, les « premiers de cordée » ont continué à travailler malgré les risques qu’ils prenaient. Les femmes ont fabriqué des masques gratuitement. Les soignants ont été en première ligne au détriment de leur vie. Les populations les plus exposées ont donc fait preuve d’une solidarité extraordinaire alors que ce sont elles qui sont frappées en premier par les crises décennales qui jalonnent notre société depuis une quarantaine d’années et les choix des politiques publiques pour y répondre.

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Alimentation

Sur la main d’œuvre agricole étrangère : https://www.franceculture.fr/economie/le-covid-19-revele-la-dependance-de-lagriculture-a-la-main-doeuvre-etrangere

Sur l’alimentation française en ces temps de crise, une reportage de quelques minutes : https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus/alimentation-si-court-circuitait-le-commerce-mondial ou un plus long entretien : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/bruno-parmentier-economiste-specialiste-des-questions-dagriculture-et-dalimentation-est-linvite-des

Je fais rarement des renvois vers des groupes politiques, mais l’UCL (Union communiste libertaire) a écrit une très bonne synthèse sur l’état de l’agriculture mondiale en ces temps de crise : https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Vers-une-crise-majeure-dans-l-agriculture

Reportage de 4 minutes sur les frites surgelés McCain : des champs en Nord-Picardie jusqu’à l’ensachage : https://www.youtube.com/watch?v=tY33QjOcb5Y. Le reportage est seulement intéressant pour voir la phase de transformation. Il n’est pas critique, notamment sur le contrat passé entre le cultivateur et McCain qui l’oblige à avoir une pomme de terre particulière, bien calibrée, sans vert, ni noir et ni yeux. L’émission Capital avait fait il y a une bonne quinzaine d’années une émission à ce sujet mais je ne l’ai pas retrouvée.

Textile
Sur le problème de l’industrie textile en France face à la création de masques et à l’inaction de l’État, le billet très éclairant d’une fabricante de textile français, Amandine Cha : https://blog-amandinecha.com/des-masques-face-a-lurgence/

Sur le zéro déchet
Mon blog wink avec pour l’instant 2 recettes zéro déchet que vous retrouverez ici : https://crevette-diplomate.fr/portfolio/

Mon blog préféré : Échos verts, le blog de Natasha Tourabi (autrice du livre 21 éco-défis) : https://echosverts.com/. Si vous débutez dans le zéro déchet, Natasha a mis en place un système d’éco-défi pièce par pièce dans la maison (https://echosverts.com/eco-defis/).

Camille se lance, le blog de Camille Ratia (autrice du livre Le zéro déchet) avec beaucoup de recettes de base et des produits simples : https://www.camille-se-lance.com/.

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7 thoughts on “Covid-19 : quelles leçons à en tirer ? (5e partie, fin)

  1. Bonne idée l’exemple de rendre obligatoire les balcons pour les constructions d’immeubles ou les jardins familiaux à augmenter.
    Et comme tu as raison de dire que les choix (en agriculture, en urbanisation) se font sans consultation de la population. Dans la vidéo de son nouveau livre “Leur folie, nos vies”, Ruffin souligne aussi le manque de démocratie (par exemple avec la mondialisation et les délocalisations, ou encore avec les coupes budgétaires dans les services publics, notamment les hôpitaux).

    “En encourageant le vélo, certains écologistes souhaitent donc enrayer cette dynamique actuelle d’habiter toujours plus loin de son lieu de travail. Mais là, pour résoudre ce problème, c’est une politique globale de logement (je ferai un article à ce sujet un jour) qu’il faut revoir, mais aussi le problème de la centralisation et régler le problème des campagnes ! Bref, avoir une vraie politique territoriale !” Comme c’est juste, et comme le problème est vaste, complexe, avec tant d’aspects imbriqués!

    Encore un super article, et une synthèse sur cette crise très révélatrice dans plusieurs domaines, comme tu l’as souligné.

    1. Bonsoir Magali,
      je te remercie. Je n’ai pas vu la vidéo de Ruffin, ni lu son livre, mais je pense que je dois le rejoindre sur le manque criant de démocratie (ce doit être le côté picard qui remonte 😉 !). Il est loin le temps de Ségolène Royal où elle parlait de démocratie participative (2007)… Cet aspect n’a même plus été évoqué lors des dernières présidentielles (2012 et 2017)… Espérons que cela revienne sur le devant de la scène pour les prochaines élections (aussi bien les régionales que les présidentielles) !

  2. Pour abonder ta démonstration de la pomme de terre, la filière œuf a elle aussi souffert de sa spécialisation (couleur, modes d’élevage – les fameux codes 1-2-3) et cruellement manqué d’emballages pendant la crise Covid ce qui a rendu difficile la réorientation des flux RHD vers la GMS. expliquant les ruptures en rayons :
    cf
    https://www.lineaires.com/les-produits/covid-19-la-production-d-aeufs-suit-mais-pas-les-emballages?sso=1593185618
    Et
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/18/avec-le-covid-19-l-uf-sort-de-sa-coquille_6037011_3234.html

    Merci pour le rapport du Sénat qui dresse un bilan tout à fait intéressant de l’état de l’agriculture en France. Et qui apporte quelques pistes de réflexion.

    Ton idée de cultiver sur des parcelles ou des balcons me semble surtout intéressante symboliquement pour redonner sa juste valeur à l’alimentation : quand on essaye de faire pousser ne serait-ce qu’une tomate ou une salade, qu’on doit lutter pour faire germiner une graine, puis sauver son bébé plants des limaces, l’arroser pas trop mais quand même assez, et enfin le préserver des maladies … on prend conscience de la valeur de ce qu’on mange !
    Je te rappelle aussi que la part du budget alimentation dans les dépenses du foyer en France est passé de 35 % en 1960 à 20 % 1915 (donnée Insee – bien sûr ce sont des données relatives, qui s’expliquent aussi par le poids grandissant d’autres type de dépenses notamment contraintes : logement par exemple).

    Quant à l’absence de politique territoriale… cela me désespère. Gros gros dossier !

    1. Bonsoir Fanchette,

      Je te remercie de l’info pour les œufs, je n’en avais pas entendu parler ! Cet exemple montre encore bien le problème de la distribution… et des emballages ! Les gens auraient leur boîte à œufs, comme autrefois, le problème ne se serait pas posé ! Et après, pour les œufs, un autre facteur qui n’a pas été évoqué dans les articles est que dans les campagnes, il y a encore beaucoup de vente d’œufs entre particuliers, et avec l’épidémie, les gens n’ont pu plus aller les chercher.
      Ah, les limaces ! Je vois que nous avons les mêmes problèmes ! Et en Bretagne, il y en a beacouuuuup !
      Oui, pour le budget alimentation, c’est mon dilemme : est-ce qu’il est possible de proposer un nourriture de qualité mais à des prix moindres ? Personnellement, quand je vois le nombre de subventions pour l’agriculture industrielle, je pense que oui. Et après, quel part importante vaut-il mieux dans les budgets : l’alimentation ou les logements qui engraissent les propriétaires et/ou le BTP ? Bref, des questions avec des réponses de choix politique.
      Et pour la politique territoriale, oui, hélas, on pourrait écrire un livre !!! Je ne sais pas si t’avais lu mon article à ce sujet : https://crevette-diplomate.fr/conflits-sociaux-ou-la-lutte-des-territoires/ ! Attention, déprimant !
      Bonne soirée ! Et je te remercie pour tes retours !

  3. Je vais surement en offusquer quelques uns, mais depuis le Covid 19, j’ai remarqué qu’il y a eu des changements dans le comportement des gens qui n’est pas mauvais pour autant. Exemple: Les gens sont plus en famille, ils vont cuisiner au lieu d’aller manger du Fast-Food, ils vont aller plus à l’extérieur, etc. Donc moi je vois malgré tout que certaines personnes ont pu améliorer leur vie. Malheureusement, les décès qui sont liés à ce coronavirus est déplorable, les pertes d’emplois et j’en passe.

    1. Bonjour,

      oui, c’est vrai, voyons le côté positif des choses 🙂 : nombre de gens ont eu davantage de temps pour cuisiner, et ça c’est vraiment bien (je reste persuadée que si les gens cuisinaient davantage, l’obésité diminuerait) ! Et même mon compagnon et moi, qui pourtant cuisinons pas mal, avons fait de nouveaux plats qui nous semblaient impossibles et/ou trop longs à faire : calzone, pain pita, pain hamburger, etc. Et de les goûter fait maison, c’est trop bon !

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