Dis-moi d’où viennent les aliments, je te dirai… si tu te trompes

Dis-moi d’où viennent les aliments, je te dirai… si tu te trompes

Ça y est, je suis fière de moi, je suis passée au tout bio et je ne vais plus dans les hypermarchés. Bon… j’avoue, pour l’alcool et autres spiritueux, j’achète encore les marques classiques, car au vu de notre consommation et de 7€ de différence à la bouteille, le compte n’y est pas encore, même si le goût y est bien. Heureusement que j’habite en Bretagne et que les Bretons brassent une bonne bière bio, la Dremmwel, qui me permet d’avoir mon quota d’alcool bio. Je n’ai plus qu’à passer au zéro déchet, mais j’y travaille (notamment à quand la consigne de verre comme dans les autres pays européens !?).

Déambulant dans les rayons de la coop bio, je regarde tous ces produits inconnus avec envie. Ce que j’apprécie par dessus tout : le magasin est petit mais avec du vrai choix ! Pas de rayon entier pour choisir une brosse à dents ou deux tranches de jambon, qui plus est fabriqué sans doute au même endroit et dont le goût (celui du jambon) se démarque à peine de celui de son concurrent. Non, en coop bio, le vrai choix se fait sur des produits différents : par exemple, le choix dans les farines est impressionnant : blé (avec différents tamisage), épeautre, seigle,… et même pois chiches. Je ne savais même pas que les pois chiches pouvaient donner de la farine ! Continuant ma déambulation dans le rayon d’huile, entre celle de noix, de nigelle en passant par celle de sésame, je commence à remplir mon panier de courses, et scrute méticuleusement les étiquettes, ce n’est pas parce qu’on est en coop bio que les produits sont parfaits (nous ne sommes pas encore chez les Bisounours). Et là, patratas, mon angélisme disparaît et mon dilemme d’environnementaliste commence. Lentilles, c’est bon, elles viennent de France. Épeautre idem. Haricots blancs, Ukraine !? Ne sait-on pas faire d’haricots blancs en France ? Et les mogettes de Vendée ? Vaut-il mieux que je prenne des haricots blancs ukrainiens mais bio, ou français et non bio, mais il faudra que je rechange de magasin. J’opte pour les haricots ukrainiens ! Le casse-tête semble se réduire jusqu’à ce que je tombe sur de la chicorée. Marque allemande (Leroux ne doit pas encore faire du bio) mais qui ne précise pas d’où vient la chicorée. Ahem, là je suis bien embêtée. Comment choisir un produit en toute connaissance de cause si on ne sait pas d’où vient la matière première ? Le problème continuera sur le concentré de tomate : fabriquer en Italie, mais les tomates viennent d’où (je suis d’autant plus méfiante après le reportage édifiant L’empire de l’or rouge de France 2, où les tomates étaient cultivées en Chine et dans des conditions déplorables qui plus est), et les huiles : entre le lieu de fabrication et l’origine des produits, quelle opacité ! Même si certaines marques, comme Bio Planète indiquent l’origine. Du coup, j’ai privilégié ces marques. Les laits végétaux. C’est peut-être bien de boire du lait d’amande, mais si les amandes viennent des États-Unis, mon bilan écologique est totalement loupé. Les cornichons ? S’ils viennent d’Inde ? Sans oublier aussi tous les pays en guerre que je boycotte afin de ne pas aider au financement de la guerre: les agrumes d’Israël, les lentilles corail turques, et la liste est longue…

Mon panier se remplit tout de même peu à peu et je finis par passer à la caisse. Courses un peu plus cher, mais ça va encore, n’achetant pas de plat préparé et allant au marché pour les fruits et légumes. Pourtant, je sens que ma petite victoire ne s’est pas transformée en
révolution. Oui, j’ai acheté bio, c’est bien, mais si on ne sait d’où viennent les produits, comment peut-on changer les choses à sa mesure, et être pleinement un consomm’acteur ?

À mon avis, il faudrait une loi qui impose à tous les produits alimentaires et cosmétiques : l’origine des produits et leur lieu de fabrication. On le fait déjà pour la viande alors pourquoi pas pour toutes les autres filières ? Autant, on sait quand un produit vient ou est transformé en France, les marques n’hésitent pas à en faire un argument marketing, autant pour d’autres comme pour les légumes en conserve, c’est très opaque. Avec une telle loi, on pourrait acheter en pleine conscience et je pourrais sortir de la coop bio, le cœur léger !

QUE FAIRE ?

  • Privilégiez les ingrédients dont la provenance est étiquetée.
  • N’hésitez pas à demander au vendeur ou directeur de magasin s’il connaît la provenance des aliments.
  • Et si vous êtes motivé, appelez ou écrivez aux marques pour savoir d’où viennent leurs aliments.

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