Les princesses Disney non épargnées par le bistouri

Les princesses Disney non épargnées par le bistouri

     J’ai eu l’idée de cet article il y a un peu plus d’un an. En effet, en recevant des amis chez nous, leur fille était venue avec un carnet de coloriage Princesses Disney. Et quelle surprise quand j’ai découvert que celles-ci ne ressemblaient pas du tout aux princesses Disney de mon enfance ! La différence était telle que je pensais le carnet de coloriage être une contrefaçon, mais après vérification, non c’était bien un carnet estampillé Disney !

     Que s’était-il passé ? Les princesses étaient beaucoup plus maquillées qu’auparavant. S’il n’y avait que cela, mais c’est aussi leur visage et corps qui avaient été modifiés : pommettes remontées, yeux agrandis, poitrine et lèvres grossies, corps aminci ! Ces énormes opérations chirurgicales m’ont profondément choquée venant d’une licence comme Disney. Le succès de leurs films a un tel impact sur les enfants. Et faire cela au XXIe siècle, où l’égalité hommes-femmes n’est toujours pas au point, et que la sexualisation des enfants et leur assignation à un genre masculin ou féminin est toujours plus précoce !

     Un exemple des années 1980 : les habits pour nourrissons et bébés étaient mixtes jusqu’à l’âge de 2 ans, dans mes souvenirs (à vérifier mais je ne dois pas être loin de la vérité). Maintenant, même nourrisson, les habits sont genrés ! Quand je fais la remarque à des amis, ils me répondent que c’est agaçant de s’entendre dire « Oh, quel beau garçon ! » alors que c’est une fille ou vice-versa. Mais, on s’en fout du sexe de l’enfant, surtout bébé (bon, excepté à votre 5e garçon où là, je peux comprendre que vous ayez envie d’une fille !). Le plus important est qu’il soit en bonne santé ! Les gens ne peuvent simplement pas dire : « Oh, quel beau bébé ! » ?… Est-ce trop difficile ? Bon, je m’éloigne du sujet des princesses Disney même si c’est en lien. Je n’ai donc pas écrit tout de suite l’article, et il est resté dans un coin de la tête.

     Puis, ma sœur, qui savait que je m’étais fait cette réflexion, m’a relancée en partageant un article de Topito au sujet du lifting des personnages féminins de dessin animé[1] ! Et là, nouvelle surprise, ces opérations chirurgicales touchent même les dessins animés moins connus mondialement ou ceux destinés aux tout-petits. Même Dora est passée sur le billard ! Oui, Dora l’exploratrice avec sa tête ovale et son sac à dos, est devenue une bombe sexuelle sortie des films indiens de Bollywood ! Dora ! En écrivant ces lignes, je n’en reviens toujours pas ! Quelle idée a pu germer dans la tête des producteurs ou des dessinateurs-graphistes devenus des chirurgiens esthétiques ?!

     Comme Topito avait déjà mis en avant cette sexualisation des personnages féminins pour enfants, j’ai hésité à écrire cet article. Cependant, je me suis dit que plus on sera de personnes à parler de ce problème, plus les choses changeront ! Et comme la période de Noël arrive bientôt, cet article vous permettra de choisir les cadeaux en toute connaissance de cause ! (Je ne vous mets pas du tout la pression sealed !)

     Et, si vous avez le courage, vous pouvez écrire à Disney et aux autres maisons de production détenant les licences (j’ai mis les adresses en bas de l’article) pour réclamer le retour des princesses de notre enfance et tout simplement la disparition de princesse maquillée et retouchée à un point que ces mensurations ne peuvent même pas exister en vrai (tiens, ça me rappelle une poupée célèbre s’appelant Barbie).

Énormes coups de bistouri chez Blanche-Neige

Regardez le poignet et les bras de la Blanche-Neige des années 1980 :
elle semble presque grosse par rapport à nos standards actuels.
Maintenant, elle se maquille : ses lèvres sont plus rouges, les joues ont du blush et ses yeux ont reçu du mascara vu la taille de ses cils.
Sa poitrine a également été grossie et quelques paillettes sont apparues.

Note sur l’article : le choix des princesses

       Pour cet article, j’ai seulement pris l’exemple de 6 princesses Disney, les plus emblématiques de mon enfance (pas forcément mes préférées). Mais même les princesses récentes, comme Mérida dans Rebelle, sorti en 2012, ont déjà subi un lifting[2] !!! Oui, c’est dingue ! En rédigeant cet article, j’hallucine encore sur ces coups de bistouri (bon, à ce niveau, ce ne sont plus des coups !). Par exemple, je n’ai pas pris Mulan, qui à elle seule, mérite le détour. Elle est maintenant présentée dans l’habit qu’elle porte quand elle va chez la marieuse ! Elle ne porte cet habit que pendant une scène sur tout le film ! Cela ne représente même pas le caractère du personnage du film animé.

Concernant l’iconographie de l’article (vous pouvez cliquez sur chaque illustration pour l’agrandir) :

  • Les images des années 1990 sont tirées des albums Disney de mon enfance.
  • Les images des années 2010 sont tirées des jaquettes DVD Disney encore en vente aujourd’hui.
  • Les images des années 2020 sont tirées des produits dérivés estampillés « Princesses Disney ».

       Le pire, c’est qu’en étant parent, on ne peut même pas éviter ces représentations en n’achetant simplement pas les produits dérivés Disney. Même les films, en les remasterisant, subissent ce lifting ! Heureusement, en beaucoup plus discret que les produits dérivés (lèvres plus rouges, quelques touches de blush…) Donc, si vous achetez des DVD, vous n’aurez pas la version originale que vous avez vu enfant !

       Cet article m’a plutôt déprimée sur l’image qu’on donne aux enfants, fille comme garçon, de ce qu’est une princesse. Et j’ai l’impression de faire un énorme retour en arrière. Dans les années 1990, Barbie et ses mensurations irréelles était critiquée, mais maintenant, même les dessins animés s’y sont mis.

Énormes coups de bistouri chez Cendrillon

Cendrillon a rajeuni. Ses pommettes se sont relevées, ses yeux agrandis.
Son maquillage est beaucoup plus prononcé : lèvres, joues et yeux.
Sa tenue a maintenant un liseré pailleté tout comme son diadème. Son décolleté est plus prononcé et dans le même temps sa poitrine a grossi.
Notez, en revanche que la marraine a grossi : une façon de rappeler qu’avec ses pouvoirs elle est plus proche de la sorcière ? C’est-à-dire la femme ménopausée selon Mona Chollet[3].
 

Le lifting pour vendre toujours plus

     La grande question est pourquoi ? Oui, pourquoi ce changement de dessins en même pas vingt ans ? D’après un article de Libération, c’est soi-disant en s’inspirant des cours d’école[4]. Je ne sais pas s’il faut y croire, cela me semble trop simpliste comme explication. Si oui, les enfants peuvent être attirés par les paillettes (moi la première wink) ; en revanche, la minceur et le maquillage, j’ai du mal à y croire. Oui, le maquillage attire certains enfants, mais pas pour tous, cela dépend des personnalités. Et pour la minceur, cela signifierait-il que la pression sociétale est devenue tellement forte qu’elle arrive maintenant à toucher des enfants de moins de 6 ans ? C’est peut-être possible, là, je n’ai pas assez d’éléments pour répondre (si vous avez des témoignages, je suis preneuse).

     Cependant, d’après une connaissance qui travaille pour le packaging de Mattel, c’est ce que réclame les marques aux graphistes car les produits se vendent beaucoup plus ! Par exemple, les enfants des années 2000 préféraient les Bratz (licence MGA) aux Barbie (licence Mattel qui est en perte de vitesse depuis 2010[5]) parce que les premières étaient plus « fun », comprenez dix fois plus maquillées ! Et comme les Bratz se sont très bien vendues, Mattel a sorti sa propre collection de ce type de poupées avec les Monster High : des femmes-monstres super maquillées, habillées à la dernière tendance et aux corps encore plus maigres que Barbie (excepté la poitrine, bien sûr).

     Nous pourrions nous dire que ce ne sont que des poupées, donc ce n’est pas grave. Hélas, j’aimerais bien, mais ce n’est pas le cas. L’image nous influence énormément. Combien de personnes se sont faites opérer pour ressembler à Barbie ? Le dernier type d’opération en date inspirée de la poupée blonde est la Barbie Back pour avoir la même chute de reins[6] ! Et il commence à avoir le même phénomène avec les Bratz où les enfants qui les ont eues, sont aujourd’hui arrivés à l’âge adulte et se maquillent maintenant comme les poupées[7]. La façon d’être des poupées est donc primordiale et nous influence davantage que nous le pensons.

     Nous rentrons alors dans un cercle vicieux : ce type de poupées plaît davantage à la nouvelle génération d’enfants car cela représente ce qu’ils voient à la télévision avec toutes les nouvelles chanteuses des années 2000, habillées de manière courte et beaucoup plus maquillées (Britney Spears, Jennifer Lopez, Christina Aguilera, etc.). Les marques décident alors de répondre à la demande des enfants en leur proposant des personnages féminins encore plus maquillées et pailletées. Qui influence qui ?! Il ne faut pourtant pas oublier que si cela plaît tant aux enfants de jouer avec des poupées qui ressemblent à des adultes, jouer avec des poupées qui ressemblent à des stars peut-être vu comme plus problématique.

Énormes coups de bistouri chez la Belle au Bois Dormant

Aurore (La Belle au Bois dormant) a aussi rajeuni
et est maquillée maintenant (lèvres, joues et yeux).
Ses pommettes se sont remontées, ses yeux se sont agrandis et relevés.
Même sa tenue a changé de couleur en passant du bleu au rose !!!
Le bleu ne faisait sans doute pas assez princesse !?

Un symptôme de la starisation de la société

     Je ne vais pas trop développer ici, mais il serait aussi bon de se poser la question d’où vient le goût pour les paillettes et le bling-bling. Est-ce que la starisation de notre société fait que la majorité des personnes (enfants comme adultes) veulent ressembler à toutes les stars que nous voyons dans les médias ? Quand je parle de starisation, c’est au sens où des personnes dotées d’une ou plusieurs qualités (voix, sport, etc.) sont mises sur un tel piédestal que cela ressemble à de l’idolâtrie. Avec le développement de l’image au XXe siècle (cinéma, télévision), cela a pris une énorme proportion. Les gens veulent ressembler à leurs idoles, en copiant leurs tenues, les produits qu’ils utilisent (d’où les pubs avec des stars), sans se demander si cela correspond à leurs véritables besoins ou leur plaît réellement (le but est de ressembler à l’idole).

     Depuis que les stars existent, les gens ont toujours aimé les aduler. Toutefois, je trouve que cela s’intensifie avec la multiplication des écrans (maintenant un enfant de 4 ans a vu plusieurs films Disney alors qu’auparavant, à cet âge-là, c’était le premier). Et le gros, gros problème est surtout que les modèles changent. Dans les années 1980, nos modèles étaient Chantal Goya ou Dorothée : très peu maquillée, coiffure et vêtements « sages » (j’ai l’image de Dorothée toujours en jean ou pantalon). Maintenant, les modèles féminins des enfants sont très maquillées et très court vêtues : les femmes portent des robes courtes, des décolletés. Le meilleur exemple est la star actuelle de la cour de récré : Aya Nakamura. Très féminisée, maquillée, décolleté énorme (au moins, elle n’est pas maigre tongue-out). Bref, soit je deviens une vieille conne, soit il y a quand même un souci.

     Que les enfants se maquillent ne me dérangent pas, qu’ils s’habillent en robe, décolleté ou autre non plus. Ce qui me gêne, c’est qu’actuellement, ils n’ont qu’UN modèle FÉMININ, le même qui est dupliqué à travers les films, dessins animés, chansons, vêtements : un modèle de strass, paillettes et maquillage. Donc, vouloir s’habiller de cette façon n’est pas un véritable choix CHOISI, et c’est là que le bât blesse. Il faudrait pouvoir proposer de vrais modèles féminins DIFFÉRENTS à nos enfants. Et que nous trouvons aussi des pendants masculins au strass, paillettes et maquillage, afin qu’il n’y ait pas qu’un genre représenté dans la catégorie des paillettes.

Énormes coups de bistouri chez Ariel, la Petite Sirène

J’ai seulement pris Ariel quand elle est en sirène.
Lèvres rougies, yeux agrandis et maquillés
(il n’y a pas de problème de maquillage qui coule dans l’eau ?!)
.
Dans la version 2020, regardez son ventre, ses côtes sont maintenant visibles ! Et même sa nageoire est maintenant pailletée (oui, c’est connu, il y a des paillettes dans les océans)

Le lifting pour oublier la matérialité du corps

     L’autre point qui me gêne dans la représentation de princesses Disney toujours plus maigres est que les dessins chirurgicaux qu’elles ont subis sont toujours dans le sens de sexualiser leur corps, dans le but de plaire aux garçons (les princesses attendent toutes un prince charmant), car bizarrement elles maigrissent mais jamais leur poitrine ! Alors que dans la vraie vie, quand vous maigrissez, la poitrine aussi !

     Cette transformation des Princesses Disney révèle également une réification des corps (transformer le corps en objet). À le maquiller, le faire maigrir pour qu’il corresponde à quelque chose qui n’existe pas dans la réalité, le corps ne devient plus qu’une vitrine, il n’est plus vivant, il est coupé de sa réalité propre. Les princesses semblent ainsi immatérielles : nous les voyons rarement manger (excepté Belle[8]), et quand elles mangent, cela se finit mal (Blanche-Neige et la pomme, Jasmine aussi avec une pomme…). Le côté maléfique lié à la nourriture rejoint un pan de notre culture chrétienne qui s’est forgé au Moyen Âge, où tout ce qui a trait au bas ventre (nourriture et sexualité) est mal considéré. Et le symbole de la pomme fait bien sûr écho à Ève qui mange le fruit défendu. À l’inverse, dans les films d’animation japonaise, la nourriture y est bien présente et est vue comme positive (Ponyo sur la falaise, Dragon Ball…)

     Sans oublier que pour essayer d’arriver à ce type de corps, il faudra beaucoup d’efforts (sans doute vains) et acheter moult produits : maquillage, vêtements, paillettes, accessoires pour coiffer les cheveux, pour faire du sport, etc. Les princesses Disney, en ne présentant pas un modèle féminin naturel, donnent l’idée aux enfants qu’il faut forcément que le corps féminin soit affublé de 1001 fioritures pour paraître beau. Mais ces fioritures coûtent de l’argent, et là encore, le lifting graphique travaille pour le marketing qui vend du maquillage Princesses Disney aux enfants[9] ! La recette est magique : Disney ne montre maintenant que des princesses qui sont toujours très maquillées, puis vend ce maquillage pour que les enfants puissent le reproduire chez eux !

Énormes coups de bistouri chez Belle

Belle qui ne date pourtant que de 1991 a eu de bons coups de bistouris :  pommettes rehaussées, yeux agrandis, relevés et davantage maquillés, ils sont plus gros que ses poignets !!!

Le lifting pour périmer plus rapidement les jouets

     D’autre part, maquiller à outrance et habiller de la dernière mode a aussi un autre avantage : la poupée se périme plus vite, la licence vend donc plus de jouets. Par exemple, enfant, je jouais avec les Barbie d’une de mes cousines plus âgée d’une dizaine d’années, les robes de soirée étaient toujours aussi belles. Maintenant, je ne sais pas si un enfant d’aujourd’hui pourrait jouer avec les Barbie que nous avions eu enfant : moins maquillée, moins de paillettes, trop simple, la mode de princesse a beaucoup changé. Et il en sera de même pour les Princesses Disney : à changer tous les 10 ans le visage des princesses, les enfants voudront avoir la dernière version, la plus moderne et prendront pour des fausses celles que leurs cousines leur donneront (comme je pensais que le carnet de coloriage Princesses Disney était une contrefaçon).

     Par ailleurs, l’assignation à outrance à un genre masculin ou féminin permet de vendre davantage d’objets. Auparavant, nos vélos étaient de couleur neutre, maintenant, c’est soit bleu, soit rose. Si vous êtes parent, vous allez acheter un rose pour votre fille, mais vous ne voudriez pas qu’on se moque de votre garçon, donc vous en rachèterez un bleu. Et hop, deux vélos d’acheté au lieu d’un !

     C’est exactement la même chose pour les vêtements. Dans les années 1990, la mode était plutôt mixte : nous avions, filles comme garçons, des sweats Waïpiti, Zup, des vestes en jeans sans coupe particulière, et même encore au collège, les blousons et vestes Schott étaient mixtes ! Mais cette mixité n’arrange pas les marques. Pour preuve, j’ai donné ma veste Schott qui était encore en bon état à mon petit frère. Mais si cela avait été une tenue avec une princesse maquillée et pailletée, il y a peu de chances que je pusse lui donner (il n’est pas trop princesse wink).

Les princes Disney

Pour cet article, j’ai également regardé si les coups de bistouri concernaient les princes Disney. Ce n’était pas du tout évident, et ma réponse est incertaine. Comme il n’y a pas de produits dérivés les Princes Disney, je n’ai pu comparer qu’entre les albums et les films. Et comme nous voyons beaucoup moins les princes que les princesses dans les films, le seul qui m’a semblé emblématique est Aladdin. Je n’ai pas vu de différences, excepté par endroit où j’ai l’impression que ses biceps sont plus saillants que dans la version originale. Mais là, encore, rien de sûr !

Bref, s’il y a eu un coup de bistouri, contrairement aux princesses, il est léger. Ce qui montre bien que les opérations chirurgicales des Princesses sont vraiment dessinées pour faire vendre plus.

Ainsi, les opérations chirurgicales effectuées sur les Princesses Disney révèlent deux problèmes : un problème féministe avec des personnages toujours plus maigres, sexualisées et maquillées, et un problème écologiste avec des marques qui veulent nous faire acheter toujours plus de produits fabriqués, qui plus est, en Chine. Chine qui a fait modifier à Disney la version du film Mulan, qui sort le 4 décembre en France afin que la princesse corresponde mieux à leurs critères : elle n’est plus turco-mongole (ethnie se rapprochant des Ouïghours lesquels sont stérilisés et enfermés par le gouvernement chinois dans les camps), et sa force ne vient plus de son courage mais de la magie[10]… Ces modifications apportées au scénario original révèlent bien que l’image véhiculée par les princesses est très importante car elle influence tout un pan de la cutlure et de notre société. Ces changements qui ne sont donc pas seulement de l’ordre esthétique montrent qu’au XXIe siècle, nous sommes encore loin de l’égalité homme-femme !

Énormes coups de bistouri chez Jasmine

Jasmine : la seule princesse en pantalon.
Elle l’est restée, mais il lui a été ajouté un voile pailleté, comme au niveau des manches.
Trois bijoux ont aussi été ajoutés : au niveau du nombril, au-dessus et en dessous de la poitrine, qui elle a été gonflée. Du blush a été ajoutée au niveau de ses pomettes pour remonter celles-ci, et ses yeux ont été légèrement agrandis et remontés (elle les avait déjà haut dans la version originale).
Enfin, sa taille de guêpe l’est graphiquement devenue !

BONUS

La vidéo, de l’humoriste Inès Reghioua, qui a fait le buzz au début de l’année 2020 :
« Je veux des paillettes dans ma vie, Kevin ».

POUR EN SAVOIR PLUS

Beauté Fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation féminine de Mona Chollet, La Découverte, coll. « Zones », 2012 (https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Beaut___fatale-9782355220395.html).  Le livre que j’aurais dû lire avant d’écrire cet article, mais comme je voulais le publier avant Noël, je n’ai pas eu le temps. Pour avoir lu Sorcières de la même autrice (recension à venir sur le blog), c’est simple à lire et passionnant car elle donne des exemples tirés de la culture populaire. Quand je l’aurais lu, je ferai un ajout pour cet article.

• L’article de Topito où il donne 8 exemples de dessinés animés dont le fameux exemple de Dora : https://www.topito.com/top-personnages-dessins-animes-avant-maintenant

• L’article du journal Libération dont Topito s’est inspiré : https://next.liberation.fr/culture/2017/10/31/dessins-animes-sexy-et-minces-des-heroines-toujours-plus-stereotypees_1606126

• Une interview de huit fillettes, datant de 2014, parue dans le magazine féminin Marie-Claire, où l’on voit que la starisation est bien en cours : https://www.marieclaire.fr/,gender-le-rose-est-il-dans-l-adn-des-petites-filles,718559.asp

• Et si vous souhaitez devenir une princesse Disney, le site internet Wikihow vous explique comment, en insistant bien que la taille d’une princesse ne doit pas faire plus de 42… : https://fr.wikihow.com/devenir-une-princesse-Disney

ADRESSES DES MAISONS DE PRODUCTION

Disney (Princesses, Zaza, Charlotte aux fraises)
The Walt Disney Company Limited
3 Queen Caroline Street, Hammersmith
Londres, W6 9PE
Angleterre
https://disney.fr/
help@disney.co.uk

Nickelodeon (Dora)
MTV NETWORKS SARL
22, rue Jacques Dulud
92521 Neuilly-sur-Seine Cedex
http://www.nickelodeon.fr/
marketing@nickelodeon.fr

Netflix (Les Nouvelles Aventures du bus magique, Carmen San Diego, actionnaire pour Inspecteur Gadget)
Netflix, Inc.
100, Winchester Circle
Los Gatos, CA 95032
États-Unis

Netflix International B.V.
Karperstraat 8-10
1075 KZ Amsterdam
Pays-Bas

https://help.netflix.com/fr/contactus : en tchat direct
Tél. : 08 05 22 05 12

Warner Bros (Scoubidou)
ENTERTAINMENT FRANCE
115-123, avenue Charles de Gaulle
92525 Neuilly-sur-Seine
https://www.warnerbros.fr/contact/service-client

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5 thoughts on “Les princesses Disney non épargnées par le bistouri

  1. Chouette article même s’il déprime, ahah ^^
    Tu as fait un beau boulot, bravo !!

    Pour les enfants de moins de 6 ans qui peuvent être attiré.es par la minceur, je pense que j’en faisais partie, ayant grandi dans une ambiance très grossophobe. Et d’ailleurs … Je trouve la plupart des princesses mieux maintenant, d’autant que finalement, le simple rehaussement des couleurs joue beaucoup.

    Je suis consciente des soucis importants que peuvent causer les poupées et les héroïnes mais en voyant la nouvelle Dora, mon moi de 7 ans s’est dit “Ah bah enfin, elle est jolie, ouf !”
    *pas tapéééééééé*
    (bon clairement, j’ai été choqué pour Mérida !!!!)

    Je me demande dans quelle mesure l’impact des images est important, par rapport à son environnement familial. C’est clair que, de par mon éducation (et ce que je voyais des femmes chez moi : toutes très minces mais très natures, jamais de maquillage chez moi, à part du RAL éventuellement à Noël ^^), je préférais largement les héroïnes fines, jolies mais naturelles. Je n’ai jamais pu piffrer les Barbies et les poupées ou les jeux de coloriage où les filles étaient archi maquillées.
    Pourtant, j’ai aussi été bercé par cela mais mon éducation me disait que le maquillage, c’était vraiment pas important, tout comme les marques dont je me moquais à outrance. Je te parle là du tout début des années 2000 car je suis née en 1994.

    Du coup, si l’on vient d’une famille peu portée sur l’aspect physique, sommes-nous réellement impacté.es ? Ou est-ce qu’il faut un terreau qui nous prédispose à y plonger … ?

    En tout cas, en moi, je vois bien la dichotomie entre mon “moi militant” et mon “moi classique”, ce n’est pas facile ><

    1. Bonjour Marion,

      je te remercie pour ton témoignage qui est très intéressant. C’est vrai que dans l’article je ne mentionne pas du tout l’influence familiale et scolaire (tout aussi important), alors qu’elle est énorme. Combien de filles ont entendu les femmes de leur famille mentionner leur “problème” de poids ? Je n’ai pas les statistiques, mais je pense que le chiffre approche des 80 % ! Du coup, ce serait à nos mères, voire grands-mères à qui il faudrait demander pourquoi une telle fixette sur le poids ? D’où vient cette pression ? Mais est-ce qu’elles arriveraient à nous répondre ?!
      Et t’inquiète entre ta dichotomie « moi militant » et « moi classique », je fais style, mais j’aime beaucoup les fringues et je suis très attentive à la façon de s’habiller ! Bref, il y a encore du taf !

      1. J’ai déjà eu plusieurs discussions avec ma mère sur le poids : pour elle, être mince est clairement une clef du bonheur. Elle avait peur que je grossisse et que je me déteste, donc que je sois malheureuse.
        C’est sidérant de voir à quel point il est ancré en elle le fait que la minceur est une valeur essentielle de la vie … Idem pour les poils, quand j’étais enfant (très, très poilue), elle me promettait une opération au laser dès que j’aurais l’âge ! Plus tard, je lui ai demandé pourquoi cette obsession, il suffisait de m’apprendre à les aimer/les ignorer ces poils, plutôt que de vouloir les éradiquer : elle m’expliquait qu’elle avait beaucoup souffert de sa propre pilosité étant ado.

        M’enfin, pour moi ce ne sont pas des excuses … Et là je vois bien qu’elle est dégoûtée quand elle voit mes aisselles poilues, c’est “dommage” me dit-elle …

  2. Cet article est en effet déprimant, surtout parce qu’il met en relief toutes les conséquences en cascade, l’influence de générations entières (à des degrés divers)… La touche qui rassure est l’animation japonaise, Miyazaki, avec des personnages d’enfants réalistes, Chihiro une enfant, les deux soeurs dans Mon voisin Totoro, pour citer 2 exemples. Ce qui n’empêchait pourtant pas les studios Ghibli de faire du marketing et de vendre des tas de figurines et autres objets ornés des héros et héroïnes des films…

    La morale de l’histoire est peut-être qu’il ne faut pas se limiter à montrer les Disney à nos enfants!!!

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