Encore une preuve d’une société machiste : le test de fertilité féminine !

Encore une preuve d’une société machiste : le test de fertilité féminine !

        Ayant quelques problèmes de santé, mon compagnon et moi avons dû faire un test de fertilité chacun pour savoir si tout était bon de ce côté. Et là, quel étonnement quand ma gynéco m’annonce que l’examen AMH (hormone de régression müllérienne qui permet de  vérifier la réserve ovarienne) n’était pas remboursé par la Sécu et coûtait dans les 40 euros ! Encore sympa, ma gynéco me dit que si je n’ai pas les moyens, je ne fais pas cet examen. Pour ceux qui ne connaissent pas, je suppose que vous vous dites, oui, cela doit être un test compliqué, c’est pourquoi ce n’est pas remboursé. Eh bien non, le test se compose… d’une simple prise de sang, même pas des litres, seulement l’équivalent d’un tube !

       Alors pourquoi cette différence entre hommes et femmes, excepté un reste de machisme primaire dans notre société ? Le test de fertilité pour homme est beaucoup plus complexe à mettre en place : salles réservées, hygiène irréprochable, davantage de personnel à leurs petits soins, alors que nous, les femmes, c’est la basique prise de sang ! Qui ne peut même pas être remboursée !

      Pour la rédaction de ce billet, j’ai donc essayé de chercher des explications, pensant que le machisme latent de nos gouvernants ne pouvait être la seule explication. La Sécu répond simplement que « les actes facturés ne sont pas inscrits à la nomenclature générale des actes professionnels » ; ma mutuelle ne prend pas non plus cet examen en charge pour les mêmes raisons ; tandis que la Haute Autorité de Santé a publié un avis sur cette question suite à la revendication de Bamp[1] (Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles) de rembourser ce test. Le résultat : le test n’est toujours pas remboursé !!! Alors pourquoi ? Si quelqu’un a l’explication, je suis preneuse !

Le test de fertilité féminine en question

Ce test, bizarrement, n’est pas très connu. Pourtant, rien qu’avec une prise de sang, il permet de détecter le pourcentage du nombre d’ovules qui reste dans le corps en détectant l’hormone de régression müllérienne. Cette hormone endocrine contrôle le développement des follicules ovariens (qui contiennent les ovocytes qui donneront les ovules). Ainsi, selon le chiffre détecté, la femme peut savoir combien d’années à peu près il lui reste pour enfanter (s’il n’y a aucun autre problème de santé).

Personnellement, je conseille ce test à toutes mes amies trentenaires qui n’ont jamais eu d’enfants afin qu’elles sachent si elles ont le temps ou non ! Et j’en parle à toutes les filles jeunes de mon entourage afin qu’elles soient au courant que ce test existe.

Pour information, après en avoir parlé à une amie, elle a demandé à sa gynéco pour  faire le test, et celle-ci lui a répondu que ce test n’existait pas !!! Je trouve aberrant que les médecins donnent facilement une ordonnance pour la pilule à des jeunes filles de 14 ans, mais avoir une ordonnance pour un texte de fertilité est, avec certains médecins, le parcours du combattant ! Donc, les filles n’hésitaient pas à insister ! C’est VOTRE corps, vous avez le droit de savoir !

       OU voici mon hypothèse : peut-être qu’une simple prise de sang indiquant aux femmes si elles doivent penser ou non à la procréation fait peur à notre société machiste et conservatrice ?! En effet, si cette prise de sang était généralisée vers les 26-27 ans, là, en tant que femme on pourrait choisir en toute connaissance de cause pour enfanter, et non se dire, c’est bon, j’ai le temps, et se retrouver à 35 ans, voire même 30 ans pour certaines, à courir derrière les FIV et autres, maîtrisés par qui ? Des hommes et des laboratoires ! Cette différence de traitement entre les femmes et les hommes montrent encore une fois que nous sommes loin de l’égalité prônée par notre Constitution et qu’il faut que nous, femmes, restons vigilantes sur tous les points de la société, d’autant plus quand notre corps est en jeu !

Pour aller plus loin

Article de Bamp sur le remboursement de l’AMH : https://bamp.fr/2017/07/27/vers-un-remboursement-du-dosage-de-lamh/

Dossier de la Haute Autorité de Santé sur le dosage sérique de l’hormone de régression müllérienne : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-07/dir152/argumentaire_t560_amh.pdf

 

Note de bas de page

[1] https://bamp.fr/

 

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