Faire ses yaourts sans yaourtière et sans ÉLECTRICITÉ !

Faire ses yaourts sans yaourtière et sans ÉLECTRICITÉ !

Article différent de celui qui devait initialement paraître.
J’avais prévu la critique d’un livre féministe en lien avec la journée du 8 mars pour les droits des femmes, mais l’actualité récente fait que tout part à vau-l’eau (Césars, coronavirus) !

Comme je refuse de cautionner les entreprises qui font livrer des colis
sans protection à leurs salariés (voire non salariés comme Uber),
j’ai décidé de ne pas le publier, afin de ne pas vous inciter à acheter ce livre.
Même si j’aime beaucoup les livres, en ces temps de crise,
il faut avouer que ce ne sont pas les denrées les plus indispensables.

J’ai donc écrit un article qui était prévu depuis quelque temps, et qui est de circonstance !

        Faire ses yaourts sans yaourtière, c’est assez connu, mais sans électricité, beaucoup moins ! Pourtant, cela fonctionne du feu de dieu et a d’autres avantages par rapport à une yaourtière ! J’ai découvert cette astuce, il y a à peine deux mois, mais elle m’a paru tellement révolutionnaire qu’il a fallu que je la partage rapidement (j’ai auparavant fait un essai !). Et comme je ne l’ai pas retrouvée sur internet (excepté sur le blog Ni cru, ni cuit), je me suis dit qu’il fallait que je partage absolument cette astuce qui permet de produire moins d’électricité et moins de déchets (fini les pots individuels en plastique à acheter et surtout la yaourtière !).

       Cette superbe astuce vient de mon pote Gigi qui la tient lui-même de sa collègue turque. Gigi avait le même problème que moi, à savoir, faire ses yaourts, c’est bien pour la planète (moins d’emballage) et c’est meilleur au goût (je trouve les yaourts du commerce de plus en plus fades et trop sucrés). MAIS, avec une yaourtière, il y a un problème, autre que la dépense d’électricité et de place (une yaourtière prend BEAUCOUP de place), c’est qu’il faut refaire des yaourts très souvent, d’autant plus pour Gigi qui a des enfants. En effet, une yaourtière ne contient généralement que 8 pots, donc selon votre consommation, ils peuvent être mangés très vite.

        Et comme je suis feignante, je cherche toujours des solutions pour gagner du temps ou m’épargner du travail inutile. Et là, l’avantage avec cette méthode, c’est qu’on peut faire le nombre de litres de yaourts qu’on souhaite. Et même si on n’est que deux, comme mon foyer, je peux faire 2 L de yaourt d’un coup, ce qui me tient un peu plus de 2 semaines, car l’avantage des yaourts est qu’ils se conservent facilement.

Note pour les véganes

Cet article n’est pas là pour encenser la consommation de produits animaux. Mais en attendant que le monde soit entièrement végane (moi, la première sealed), je préfère que les gens aient des astuces pour produire moins d’électricité, moins de déchets et qu’ils aillent acheter leurs produits animaux dans une ferme proche de chez eux où ils auront le contact avec les animaux, plutôt que d’acheter leur lait en supermarché qui vient de fermes industrielles accueillant de plus en plus d’animaux (ferme des 1000 vaches) et utilisant pour les nourrir le soja qui déforeste l’Amazonie.

AJOUT MAI 2020
Toutefois, des lectrices m’ont confirmé que cela fonctionne aussi avec le lait de soja (voir le commentaire de Milounette). Et le mieux du mieux, il est même possible de faire son yaourt sans lait de vache, ni de soja : le blog Végébon explique comment (https://vegebon.wordpress.com/2010/11/21/yaourt-sans-produits-laitiers-sans-soja/).

L’astuce magique pour transformer le lait en yaourt : une couverture !!!

      La chaleur et une couverture ! Oui, oui, une couverture !!! Et c’est tout ! Sans oublier les ferments lactiques, bien sûr.

  • En gros, vous faites bouillir votre lait s’il vient directement de la ferme (étape indispensable pour ce lait car il n’a été ni pasteurisé, ni stérilisé !) ; pour le lait du commerce, vous le faites seulement chauffer jusqu’à temps qu’il atteigne les 55 °C (vous pouvez encore tremper votre doigt dedans sans vous brûler). Si vous aimez les yaourts bien fermes, plus le lait monte en température, plus les yaourts seront fermes. Quand j’ai du lait du commerce, je le fais chauffer jusqu’à 80 °C.
  • Quand le lait de ferme est bouilli, vous le laissez refroidir jusqu’à temps que vous puissiez tremper votre doigt 10 secondes dedans (ce qui fait à peu près une température de 55 °C).
  • Puis, dans un saladier (en verre, en céramique ou en grès pour éviter le transfert de micro-particules de plastique dans un liquide chaud), vous placez les ferments lactiques (soit acheté, soit provenant d’un ancien yaourt) et vous versez le lait dessus. Mélangez le tout, puis vous pouvez sucrer (pour ma convenance, 3 cuillères à soupe de sucre pour un 1 L de lait).
  • Si pour votre prochaine fournée, vous utilisez un de vos yaourts, faites un pot sans sucre. Ce yaourt nature me sert également pour des recettes salées (sauce au yaourt avec des herbes fraîches, à la moutarde, etc.)
  • Vous transvidez le mélange dans des pots (en verre, toujours). Perso, je prends des bocaux type Le Parfait de 0,5 L. J’avais essayé 1 L, mais c’était trop haut pour arriver avec une cuillère à soupe à la fin du pot. Vous pouvez bien sûr prendre des pots de yaourt en verre ou des bocaux de confiture. Il est important de bien remplir le pot.
  • Vous placez vos pots collés entre eux dans une couverture (le mieux, une couverture en laine) afin que la chaleur se conserve bien, et les recouvrez avec celle-ci. Si vous utilisez des pots individuels, je vous conseille de les poser sur un plateau et de mettre celui-ci sur la couverture. Gigi, lui, met deux couvertures car il a peur que ses yaourts attrapent froid wink ! Mais une, c’est suffisant.
  • Plus qu’à patientez quelques heures (je les laisse une nuit sous la couverture, mais normalement dès 6 h de « chauffe », ils peuvent être prêts).
  • Et là, la magie : vos yaourts peuvent être mangés !!!

      Et oui, une couverture suffit à faire des yaourts !

En chauffant le lait, on le mélange bien pour casser la caséine (protéine de lait).
ASTUCE : pour ne pas que le lait tache, rincez la casserole à l’eau froide avant.

Mettez un yaourt nature ou des ferments lactiques achetés en pharmacie dans un saladier. 

Mélangez le lait avec le yaourt
et sucrez à votre convenance.

Versez le lait dans les pots en verre, puis placez les pots sur la couverture. Remplissez bien les pots. S’il n’est qu’à moitié vide, le yaourt prendra beaucoup moins bien.
ATTENTION : c’est mieux de ne pas mettre de joints pour laisser les bactéries respirer.

Recouvrez les pots. Le mieux est d’utiliser une couverture en laine qui conserve encore mieux la chaleur.

Le ferment lactique Yalacta : admirez le graphisme des années 1970.
L’avantage du ferment : davantage zéro déchet qu’un yaourt du commerce.
Le pot est en verre, le bouchon en caoutchouc, donc réutilisable.
Et un ferment peut servir pour 25 fournées.

Des yaourts avec une couverture : interrogeons notre dépendance
aux appareils électroménagers !

      Je trouve cette astuce fascinante ! Une simple couverture qui transforme du lait en yaourt ! Quand je pense aux nombres de yaourtières qui ont été fabriquées depuis les années 1970, à l’électricité utilisée, alors qu’il suffisait simplement d’une couverture !!! Ce que tout le monde a chez soi ! C’est le genre de découverte qui remet toute notre consommation en perspective, et fait se poser la question : est-ce que j’ai vraiment besoin de cet objet !? Ou est-ce les entreprises et leur publicité qui me font croire que j’en ai besoin (merci Seb pour tes yaourtières !) ? Et quand on y pense, c’est logique. Quand le yaourt a été inventé, il y a des millénaires, il n’avait ni électricité, ni yaourtière pour en fabriquer ! Et autant sur internet, j’ai trouvé des astuces pour ne pas avoir à utiliser de yaourtière (four, bain-marie), autant aucune ne remettait en cause la chauffe continue du lait jusqu’en yaourt.

       Attention, la texture ne sera pas aussi ferme que celle d’un yaourt du commerce, mais je préfère cette texture car elle me rappelle les yaourts de ma grand-mère (#nostalgie). Et si vous utilisez du lait de ferme, et que c’est la première fois, le goût vous paraîtra sans doute un peu fort. Mais dites-vous que c’est le vrai goût, et non le goût des aliments industriels fades et sucrés (sur la transformation de nos goûts, mon article à lire en cliquant ici).

      Et bien sûr, certains me diront que oui, j’ai consommé de l’électricité puisque j’ai une plaque à induction. Déjà, encore beaucoup de personnes fonctionnent au gaz, puis, si vous achetez du lait de ferme, vous êtes OBLIGÉS de le faire bouillir ! Donc, tant qu’à le faire bouillir, il vaut mieux que cette chaleur emmagasinée serve à transformer le lait en yaourt avec une couverture plutôt que dans une yaourtière tout en plastique et qui consomme de l’électricité.

Texture de mon yaourt : parfaite, ni trop ferme, ni trop liquide.

Pour en savoir plus

L’article très complet de Marie-Claire Frédéric de l’excellent blog Ni cru, ni cuit pour faire ses yaourts et sans électricité. C’est le seul article que j’ai trouvé en français sur cette astuce de « cuisson » : https://nicrunicuit.com/faire/fermenter/faire-ses-yaourts-maison/

Sur comment faire un yaourt sans lait de vache, ni soja, l’article très complet du blog Végébon qui explique en outre comment fonctionne la formation du yaourt : https://vegebon.wordpress.com/2010/11/21/yaourt-sans-produits-laitiers-sans-soja/

Sur l’histoire du yaourt : https://fr.wikipedia.org/wiki/Yaourt

Je remercie encore une fois mon pote Gigi pour cette astuce révolutionnaire.

Si cet article vous a intéressé, partagez-le ! Merci !

11 thoughts on “Faire ses yaourts sans yaourtière et sans ÉLECTRICITÉ !

  1. Hello,
    Trop bien! Merci pour cet article, je vais essayer!
    Et comme dit Marion (épouse du Gigi mentionné), sur la page fb de sa librairie, profitons de cette vie confinée pour toutes sortes de choses, notamment cuisiner! Moi j’ajoute, pour vivre une expérience décroissante (un peu forcée, admettons-le).
    Magali.

    1. Bonjour Magali,
      De rien pour l’article. Il faut surtout remercier Gigi pour l’astuce (et sa collègue turque).
      Je ne sais pas si on peut parler de décroissance comme, tu le mentionnes bien, elle est forcée. Selon moi, c’est plutôt une récession car après la crise, cela risque de repartir de plus belle. Mais bon, en attendant, cela fait une pause pour la planète !
      Et je te remercie pour le partage de la recette à ton entourage !

    1. Bonjour Sarah,
      j’avoue que je n’ai pas essayé. Mais sans doute que oui, car la notice du ferment lactique Yalacta mentionne le lait de soja et d’amande. Par contre, je ne sais pas si cela fonctionne en partant d’un yaourt au soja ?
      Si t’essayes, n’hésite pas à faire ton retour, je l’ajouterai dans l’article.
      Bonne journée.

      1. Je me permets de répondre : oui cela fonctionne avec du lait de soja et un yaourt de soja du commerce. Il faut faire attention à choisir un lait de soja assez “riche” (cela dépend des marques). On peut aussi utiliser au départ des ferments en poudre. Il en existe pour “dessert fermenté au soja” de la marque Natali (trouvable en magasin bio ou sur Internet). Pour des yaourts végétaux sans soja, je suis personnellement fidèle à cette recette (mine d’or d’explication en plus !) : https://vegebon.wordpress.com/2010/11/21/yaourt-sans-produits-laitiers-sans-soja/.
        Belle journée.

        1. Bonjour Milounette,
          je te remercie beaucoup pour ton retour. Je vais l’ajouter en début d’article.
          Le lien que tu as partagé est génial ! Là, je suis bluffée : des yaourts sans lait de vache, ni soja, il faut le faire ! Je vais aussi l’ajouter dans le corps de l’article.

  2. Coucou, je fais depuis des années mes yaourts sans yaourtière, avec une simple cocotte (en fonte, ou cocotte minute, ou même juste une casserole avec un couvercle). La marche à suivre est tout simple : on fait chauffer un fond d’eau dans la cocotte, on y place ses pots de yaourts, on referme, on enveloppe dans une couverture ou un tissu épais (ou même rien du tout si la cocotte est épaisse et assez inerte thermiquement), on attend 6-8 h et on a ses yaourts !! C’est le principe même de la yaourtière sans électricité, et c’est ainsi que procédait nos grands-parents, avant que l’industrie de l’électroménager “n’invente” la yaourtière électrique !!
    Belle journée.

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