Mémoire des luttes sociales

Mémoire des luttes sociales

Ne parlez pas d’acquis sociaux, mais de conquis sociaux,
parce que le patronat ne désarme jamais. 

Ambroise Croizat (1901-1951),
fondateur de la Sécurité sociale


Cette rubrique du blog sera un peu différente. Elle recense différents livres, articles, émissions, vidéos ou podcast sur les luttes sociales qui ont eu lieu en France. Pourquoi une partie historique sur ce blog ? Au fil des années, je me suis rendu compte qu’on perdait la mémoire de ces luttes sociales, même la mémoire récente ! En effet, on n’en entend JAMAIS parlé à l’école (excepté 1936, et les canuts du XIXe siècle, et encore) et même dans les médias. Qui a entendu parler, en 2014, que les employés de Free avaient fait grève pour leurs conditions de travail ? Qui a entendu parler du thé 1336 ? Pourtant, cela ne date que des années 2010 !  Les ouvriers Lipton ont fait grève pendant 1336 jours (soit presque quatre ans !) afin de pouvoir conserver leur outil de travail ! Et après maints recours administratifs, ils ont eu gain de cause !

Il est important de conserver cette mémoire pour se rappeler que rien n’est acquis et que dans notre société, il faut toujours se battre ! Quand on voit près de nous, que l’Espagne a voulu remettre en cause le droit à l’avortement, et ce en 2015 ! Il ne faut pas oublier que nous sommes actuellement dans une société où si tu ne demandes rien, tu n’as rien ! De même, si l’on souhaite de nouveaux « conquis sociaux » comme par exemple, l’allongement du congé paternité, il va falloir se battre. Article intéressant du journal Le Monde sur cette question, en cliquant ici !

Et ce manque de mémoire se voit aussi chez les YouTubeurs historiens : très peu parlent des grèves et conquis sociaux. Le seul que j’ai trouvé est Nota Bene qui a réalisé un bon épisode sur les luttes sociales de l’Antiquité égyptienne à aujourd’hui : Lutter pour nos droits au travail (https://www.youtube.com/watch?v=nselsJb1aKs).

Si vous avez d’autres extraits sur d’autres luttes, je suis preneuse. La page reste ouverte pour qu’elle soit la plus complète possible. J’ai mis un formulaire en bas de page pour que vous puissiez compléter. Mon rêve serait de faire une encyclopédie en ligne ouverte sur toutes les luttes sociales, à l’image de ce que feu Antoine Dumini (journaliste à Fakir) voulait faire avec son Dictionnaire des conquêtes sociales.

 

Pour l’instant en matière de livre, LA référence est Les luttes et les rêves de Michelle Zancarini-Fournel qui revient sur 500 ans d’histoire de luttes populaires françaises, mais je ne l’ai pas encore lu (il m’attend pourtant sur mon chevet !) !

En matière cinématographique, la coopérative Les Mutins de Pangée ont mis en ligne une plate-forme VOD, Cinémutins (https://www.cinemutins.com/), qui propose des documentaires et des films avec comme ligne éditoriale la politique, l’histoire sociale et les luttes sous toutes ses formes.

 

De la lutte plus récente à la plus ancienne en France

Au XXIe siècle

Les Fralib et le thé 1336 (Scop-Ti)
Lipton, marque d’Unilever voulait délocaliser la production en Pologne (ce qui a été fait), mais les ouvriers ont lutté pour conserver leur outil de production. Finalement, le tribunal de commerce de Marseille leur a donné raison. Ils ont fondé une SCOP et produisent maintenant leurs propres thés sous le nom de 1336. Hélas, pour eux, ce thé n’est pas encore distribué partout : par exemple, on le trouve ni à Leclerc, ni à Intermarché (je ne saurai voir une « punition » des grands distributeurs pour cette longue grève).
Site internet 1336 avec leur histoire : www.1336.fr

Au XXe siècle
Le temps des chemises
En 1975, dans le Nord – Pas-de-Calais, grève féminine qui dura trois ans dans l’usine textile de la CIP (Confection industrielle).
https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/histoire-du-textile-2-le-temps-des-chemises-le-temps-dune-enquete

L’horlogerie LIP
L’énorme renommée de LIP, entreprise bisontine n’est plus à faire dans les années 1960. Fournisseuse de montres des plus grands (De Gaulle, Churchill…), la direction pourtant prévoit un plan de licenciement massif en 1973, qui ne plaira pas aux salariés, qui décident alors de prendre leur usine en main. S’ensuit la première expérience d’entreprise auto-gérée pendant un mouvement de grève : les ouvriers continuant ainsi à travailler et à vendre le fruit de leur travail à leur profit et pour alimenter la caisse de grève.  

 

La « crise » du charbon dans les années 1970 avec l’énorme grève des mineurs du Nord – Pas-de-Calais contre la fermeture des mines :
http://www.ina.fr/video/R12125420/la-crise-du-charbon-video.html

Au XIXe siècle

La loi des chaises
Au bonheur des dames d’Emile Zola avec un extrait pour décrire la situation des vendeuses qui n’ont pas le droit de s’asseoir. Ce qui est encore le cas aujourd’hui : voyez-vous des chaises à Camaïeu, H&M ou autre ? D’autres domaines sont encore touchés. J’ai une copine coiffeuse qui a eu un patron qui ne voulait pas que ses employées coiffent assises. Quand elle a été enceinte, elle a dû réclamer un mot à la médecine du travail pour qu’il la laisse coiffer assise !!!
https://www.fakirpresse.info/La-loi-des-chaises-661

La révolte des canuts
Et sur la révolte des canuts pour ceux qui ne connaissent pas : c’est la première révolte ouvrière française. Pour un résumé complet et détaillé : la très bonne BD en trois tomes de Christophe Girard aux éditions Enfants rouges (au demeurant très bonne maison d’édition de BD) : Le linceul du vieux monde.
Pour résumer, les canuts étaient les ouvriers de la soie à Lyon au XIXe siècle. C’était l’ubérisation avant l’heure : ils payaient eux-mêmes leur métier à tisser (qui n’était pas donné) et travaillaient pour des négociants à la demande. C’est pourquoi  les maisons à Lyon dans le quartier de la Croix-Rousse sont très hautes de plafond, afin de pouvoir installer les métiers à tisser.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code